Congrès de l'aile québécoise du PLC - Paul Martin prononce un plaidoyer en faveur de l'accord de Kyoto

Sans nécessairement éclipser la présence de son chef, Jean Chrétien, Paul Martin n’est pas passé inaperçu au congrès de l’aile québécoise du Parti libéral du Canada, en fin de semaine, à Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Sans nécessairement éclipser la présence de son chef, Jean Chrétien, Paul Martin n’est pas passé inaperçu au congrès de l’aile québécoise du Parti libéral du Canada, en fin de semaine, à Montréal.

Le tour de piste de Paul Martin au congrès de l'aile québécoise du Parti libéral du Canada aura été remarqué. Dans sa sortie la plus favorable au protocole de Kyoto jusqu'à ce jour, l'aspirant premier ministre a déclaré qu'il n'aimait pas l'idée que les entreprises canadiennes achètent des permis de polluer sur le marché international.

Si le Canada veut respecter ses engagements inscrits dans le protocole de Kyoto, a fait valoir M. Martin, il doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) au pays et non pas acheter les permis de polluer non utilisés par d'autres pays.

«Comment se fait-il qu'on puisse acheter des crédits à l'extérieur? Je ne pense pas que ça aide l'environnement d'acheter des crédits bidon de la Russie, des crédits qui existent parce que leur économie s'est écroulée, et non pas parce qu'ils ont investi dans de nouveaux projets. Si nous investissons de l'argent pour réaliser Kyoto, investissons-le pour avoir de nouvelles technologies qui vont améliorer l'environnement.»

L'ex-ministre des Finances a de plus laissé entendre qu'il ne voulait plus perdre de temps à débattre de la pertinence de ratifier le protocole. Il faut procéder, a-t-il répété, afin de pouvoir se concentrer sur l'élaboration d'un plan de mise en oeuvre du protocole.

«Je crois que ça aurait été meilleur d'avoir le plan au tout début, mais il ne faut pas perdre de temps, il faut vraiment développer le plan et le plus vite possible», a indiqué celui qui dit avoir «toujours été en faveur de Kyoto». Selon lui, agir rapidement permettrait de réorienter l'économie canadienne vers de nouvelles technologies plus performantes et non polluantes.

M. Martin avait déjà dit il y a quelques semaines qu'il préférerait que le gouvernement fédéral en arrive à un consensus avec les provinces avant de ratifier. Il a indiqué qu'il avait changé d'avis parce que, selon lui, Ottawa avait apporté des améliorations notables à son plan depuis quelques semaines.

«Le plan qui est sur la table va certainement dans la bonne direction, et il n'y a pas de doute qu'il y a eu des améliorations nettes au cours des trois ou quatre dernières semaines. Mais il y a encore beaucoup de chemin à faire.»

La position de M. Martin sur les permis de polluer n'est pas tellement différente de la position officielle du gouvernement fédéral. Dans son plan de réalisation du protocole de Kyoto, on suggère que seulement

10 millions de tonnes de GES soient réduites par l'achat de permis internationaux. Cela ne représente que

4 % des réductions totales de GES que le Canada s'engage à faire. Le ministre de l'Environnement, David Anderson, a dit à plusieurs occasions qu'il voulait que «la majorité» des réductions de GES soient effectuées en

sol canadien.

Ces permis, ce sont des solutions de rechange pour les entreprises qui ne voudraient pas réduire leurs émissions polluantes. Plutôt que de modifier leurs procédés industriels, elles pourraient acheter des permis à d'autres entreprises plus performantes situées au Canada ou

à l'étranger, ce qui «légaliserait» leurs émissions.

Par ailleurs, Paul Martin a décoché une flèche à l'endroit de son successeur aux Finances, John Manley. Il a laissé entendre que ce dernier avait fait perdre au Canada son leadership international. M. Manley n'est pas allé à la dernière réunion du G 20 à Delhi il y a quelques semaines. Sous prétexte qu'il était en consultation pré-budgétaire dans les Maritimes, il a plutôt délégué le ministre responsable des Institutions financières, Maurizio Bevilacqua. M. Martin a toujours été très engagé dans le G 20, qu'il voit comme un contrepoids au G 7, alors qu'il était aux Finances.