L'ancien ministre Rock Lasalle s'est éteint

La classe politique est en deuil. L'ancien ministre conservateur sous Brian Mulroney et député de Joliette, Roch LaSalle, est décédé dans la nuit de dimanche à hier dans un hôpital de Lanaudière, à l'est de Montréal. Vieux routier de la politique fédérale et provinciale, cet ancien chef de l'Union nationale avait 79 ans et souffrait depuis plusieurs années de la maladie d'Alzheimer.

«C'était un bonhomme qui était très proche des gens et qui a travaillé toute sa vie très fort pour les électeurs de son comté», a déclaré hier lors d'un entretien accordé au Devoir, Guy Chevrette, ancien député péquiste de Joliette et proche ami de LaSalle. «Au-delà des grands dossiers, c'est plutôt l'image de l'ami "Ti-Roch", toujours prêt à se battre envers et contre tous pour les problèmes de son monde, qu'il va laisser dans la population.»

Ancien maire de Crabtree, près de Joliette, Roch LaSalle a été élu à la Chambre des communes sous la bannière conservatrice en 1968, après une carrière dans la vente de confiseries. Jusqu'en 1986, il aura été réélu six fois y compris en 1979 et 1980 alors que le parti Conversateur-Progressiste est au plus bas au Québec.

«Ces années-là, il était d'ailleurs la seule tache bleue au Québec [avec Heward Grafftey élu en 1979 seulement dans Brome-Missisquoi], dit Chevrette. Mais ce qui comptait pour les électeurs, c'était l'homme, pas le parti.»

Ministre des approvisionnements et des services dans l'éphémère gouvernement de Joe Clark, Roch LaSalle obtient le portefeuille des Travaux publics cinq ans plus tard pendant le mandat de Brian Mulroney, et ce, après une incursion plutôt malheureuse sur la scène politique provinciale: lors du scrutin du 13 avril 1981, il tente en effet sa chance à la tête de l'Union nationale. Son parti va être relégué au troisième rang et ne fait élire aucun député. LaSalle lui même est logé à la même enseigne, défait dans Berthier où le libéral (Albert Houde) et le péquiste (Alain Généreux) récoltent plus de voix que lui. Il sera de retour quelques mois plus tard à Ottawa à la faveur d'une élection partielle dans la circonscription de Joliette.

Roch LaSalle va mettre un terme à sa carrière politique dans le controverse en février 1987, contraint de démissionner à la suite d'allégations de trafic d'influence. Il est alors accusé d'avoir accepté des pots-de-vin d'entrepreneurs pour l'octroi de contrats gouvernementaux. Au terme de plusieurs enquêtes, aucune accusation ne sera toutefois être portée contre lui. «Mais le mal a été fait, a résumé hier son ex-collègue conservateur Heward Grafftey, joint au téléphone à Montréal. Il avait un sentiment d'injustice après tout ce qu'il avait donné. Ç'a été des années difficiles pour lui.»

Loin des projecteurs depuis plusieurs années, Roch LaSalle est décédé au Centre hospitalier régional de Lanaudière. Outre sa marque laissée dans la sphère politique, sa mémoire va être également entretenue dans la ville où il a occupé le poste de première magistrat — l'un des plus jeunes de l'époque en 1957 —, Crabtree, où l'aréna porte en effet son nom.