Haïti - Le Canada créera une académie pour former les policiers haïtiens

source MINUSTAH.ORG
Edmond Mulet lors d’une séance de décoration des policiers canadiens basés en Haïti le 26 février 2007.
Photo: source MINUSTAH.ORG Edmond Mulet lors d’une séance de décoration des policiers canadiens basés en Haïti le 26 février 2007.
Une mission canadienne de planification du projet et d'évaluation «des besoins, de la méthode et de l'approche» vient de séjourner à Port-au-Prince et a eu des discussions avec les autorités haïtiennes afin de déterminer également les coûts et l'emplacement de l'immeuble prévu. «Notre évaluation de départ pour l'ensemble du projet, qui comprend la construction de la bâtisse et la mise sur pied d'un programme de formation, est de l'ordre de 25 millions de dollars canadiens», a précisé notre source.

Étude d'impacts

Une nouvelle équipe devrait partir pour Haïti cette semaine afin de réaliser l'étude sur les impacts environnementaux de la construction de cette académie. Selon ce haut responsable de l'ACDI, «les Haïtiens voudraient avoir la formation et l'académie le plus tôt possible», mais le calendrier «nous amène très loin dans le temps. C'est bien clair qu'une institution comme cela ne se monte pas en cinq ans», a-t-il dit.

Devant l'ampleur des besoins et en attendant de lancer les appels d'offres et de définir le cursus du programme de formation, l'ACDI songe à une solution tampon. «Le scénario qu'on étudie présentement est de commencer la formation dans des locaux temporaires, quitte à la transférer par la suite», a affirmé le responsable canadien.

Le temps presse

Mais pour la Mission des Nations unies pour la stabilisation d'Haïti (MINUSTAH), actuellement dirigée par Edmond Mulet, représentant du secrétaire général de l'ONU et bien au fait du dossier, le temps presse. «J'espère que cette construction va commencer avant la fin de cette année, car cela va accélérer la possibilité de former davantage de policiers», a lance M. Mulet, joint à Port-au-Prince par Le Devoir.

Outre des formateurs canadiens, la MINUSTAH devrait réunir une brochette d'experts issus de divers pays qui participent à la mission pour la formation des cadres de la Police nationale haïtienne (PNH). «On a eu des succès importants au niveau de la sécurité. Maintenant, il faut aider la PNH à créer des compétences plus spécifiques dans l'investigation criminelle, la lutte contre le kidnapping et les tâches administratives», a-t-il ajouté.

De son côté, le chef de la PNH, Mario Andressol, également joint à Port-au-Prince, n'a pas caché que sa chaîne de commandement est dépourvue de cadres supérieurs. Il a dit faire face également à un manque criant d'officiers «pour commander les troupes» qu'il prépare. «J'ai seulement une école de police, qui me sert également de centre de formation des cadres», a-t-il déploré.

Au moins 20 000 policiers

Au total, la PNH dispose d'environ 9000 hommes de troupe. Or, selon le recensement de 2006, la population haïtienne est estimée à 8,6 millions de personnes. «On aurait besoin au minimum — au minimum, a insisté M. Mulet —, de 20 000 policiers pour assurer la sécurité en Haïti.»

À partir de ce moment, la MINUSTAH pourrait envisager un retrait graduel de ses forces. «Un retrait anticipé ne serait pas bon pour le pays. Certains parlent de quatre années supplémentaires, mais cela dépendra de la capacité d'absorption locale dans beaucoup de domaines», a fait remarquer Edmond Mulet.

La MINUSTAH compte 9000 hommes, dont 1760 policiers. Au total, 46 policiers canadiens sont basés en Haïti.

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