Revue de presse - Plaisirs d'été?

On apprenait cette semaine que le nombre d'arrestations de consommateurs de petites quantités de cannabis avait augmenté au Canada, une nouvelle qui coïncidait avec la publication des statistiques des Nations unies sur la consommation importante de marijuana au Canada. Il n'en fallait pas plus pour relancer le débat sur la décriminalisation de la marijuana, un projet enterré par les conservateurs.

C'est nul autre que le National Post qui s'est porté à la défense de cette politique mise en avant par les libéraux. Le Canada est au sommet du palmarès des pays industrialisés lorsqu'il est question de consommation de marijuana ou de haschisch. Près de 17 % des personnes âgées entre 15 et 64 ans en ont consommé au moins une fois en 2005. Ce qui est remarquable au Canada, dit le Post, c'est que ça ne sème pas l'inquiétude comme le ferait la consommation d'alcool. C'est que personne ne peut lier la consommation importante de marijuana à des conséquences négatives similaires à celles associées à l'alcool. S'il y en avait, le Canada servirait d'exemple. Pour le Post, ceci semble démontrer que «la marijuana est fondamentalement inoffensive comparativement aux drogues "historiques" largement acceptées» et qu'elle ne sert pas, comme le prétendent certains, de tremplin vers des drogues plus dures. «Il semble que cela laisse bien peu de choses en travers du chemin de la décriminalisation de la marijuana, à part les omniprésentes considérations commerciales et touristiques associées à notre voisinage avec les Américains», conclut le Post.

Le Ottawa Citizen va plus loin, qualifiant la recrudescence des arrestations de petits consommateurs de «folie juridique». Le Citizen reprend à son compte certains arguments mis en avant en 2002 par le ministre de la Justice de l'époque, Martin Cauchon. En quoi accaparer des ressources policières de cette manière améliore-t-il la sécurité de nos communautés? demande-t-il. «C'est un déplorable gaspillage de ressources policières.» Pour le quotidien, «ce sont les politiciens qui méritent notre plus profond mépris pour ne pas avoir la volonté politique de terminer ce que M. Cauchon a entrepris en 2002». Les statistiques onusiennes ne peuvent justifier l'opposition à la décriminalisation, dit-il, car, durant la période où le projet de loi était débattu, la consommation des adolescents a diminué. Le Citizen rappelle que la commission LeDain recommandait rien de moins que la légalisation il y a 37 ans. «Si, en 2007, le gouvernement fédéral ne peut se résoudre à légaliser la marijuana, ce que nous appuyons, il devrait au moins la décriminaliser.»

Ça fête en grand

Impossible de terminer cette semaine du grand Stampede de Calgary sans glisser un mot sur le sujet. Tenu pour la première fois en 1912, le Stampede favorise «des comportements qui génèrent un sentiment de continuité, d'identification et une sorte d'affection collective», écrit dans le Calgary Herald Max Foran, professeur à la faculté de communication et culture de l'Université de Calgary. Mais le Stampede fait l'objet de critiques et la plus persistante vient de ceux qui n'aiment pas cette tradition inventée ou ce passé imaginé. «Ils y voient une popularisation d'un Ouest ancien générique qui n'a jamais existé aux États-Unis, encore moins au Canada.» Mais pour Foran, le Stampede est avant tout «un carnaval».

Un carnaval qui peut toutefois se transformer en tyrannie, raconte Patrick White, dans le Globe and Mail. Porter des bottes et un chapeau de cow-boy et faire la fête pendant une semaine peut paraître amusant, mais quand c'est le patron qui insiste chaque année, en juillet, pour que vous vous joigniez à la parade, ce n'est pas toujours drôle. L'obligation de se conformer est forte, au point où les marchands de vêtements western font des affaires d'or avec tous ces employés à la recherche du Stetson de circonstance. «Travailler passé midi frôle la trahison. Les collègues se transforment en police vestimentaire en se moquant de quiconque ne porte pas de jeans», écrit White. L'employé d'une grosse papeterie parle d'un effet «Big Brother». Des natifs de la ville en ont eux-mêmes assez, au point de quitter la ville durant le Stampede.

En français, SVP

Chaque été, des anglophones de tout le pays convergent vers Jonquière pour y apprendre le français. Chroniqueur au National Post, John Ivison sera du nombre cet été. Dans un texte d'une rare candeur, il expose sans détour le faible niveau de bilinguisme parmi les journalistes anglophones en poste à Ottawa. S'ils disent qu'ils s'arrangent, c'est parce qu'ils peuvent compter sur la traduction simultanée aux Communes, au théâtre national de la presse, ou encore sur les réseaux de nouvelles continues. Selon Ivison, la situation ne s'est guère améliorée depuis les années 1970. «C'est le triste secret de la tribune parlementaire. Plusieurs des reporters les plus haut gradés de la colline parlementaire travaillent en se disant que, si c'est suffisamment important, ce sera dit en anglais», avoue-t-il, confirmant ce que bien des journalistes francophones soupçonnent depuis longtemps. Lui-même, chroniqueur depuis quatre ans à Ottawa, reconnaît avoir souvent attribué son unilinguisme à ses origines écossaises. Qu'est-ce qui a bien pu le décider alors? Des considérations professionnelles, certainement, mais surtout la honte qu'il a ressentie lors d'une fête amicale où tous les francophones présents, parfaitement bilingues, ont passé la soirée à parler en anglais pour qu'il puisse suivre la conversation, une situation que les francophones connaissent trop bien dans un milieu supposément bilingue. «C'était assez embarrassant pour me convaincre qu'en tant que néo-Canadien j'avais la responsabilité de tenter d'apprendre les deux langues officielles du pays», conclut Ivison avec une honnêteté qui l'honore.

Chaque été, des anglophones de tout le pays convergent vers Jonquière pour y apprendre le français. Chroniqueur au National Post, John Ivison sera du nombre cet été. Dans un texte d'une rare candeur, il expose sans détour le faible niveau de bilinguisme parmi les journalistes anglophones en poste à Ottawa. S'ils disent qu'ils s'arrangent, c'est parce qu'ils peuvent compter sur la traduction simultanée aux Communes, au théâtre national de la presse, ou encore sur les réseaux de nouvelles continues. Selon Ivison, la situation ne s'est guère améliorée depuis les années 1970. «C'est le triste secret de la tribune parlementaire. Plusieurs des reporters les plus haut gradés de la colline parlementaire travaillent en se disant que, si c'est suffisamment important, ce sera dit en anglais», avoue-t-il, confirmant ce que bien des journalistes francophones soupçonnent depuis longtemps. Lui-même, chroniqueur depuis quatre ans à Ottawa, reconnaît avoir souvent attribué son unilinguisme à ses origines écossaises. Qu'est-ce qui a bien pu le décider alors? Des considérations professionnelles, certainement, mais surtout la honte qu'il a ressentie lors d'une fête amicale où tous les francophones présents, parfaitement bilingues, ont passé la soirée à parler en anglais pour qu'il puisse suivre la conversation, une situation que les francophones connaissent trop bien dans un milieu supposément bilingue. «C'était assez embarrassant pour me convaincre qu'en tant que néo-Canadien j'avais la responsabilité de tenter d'apprendre les deux langues officielles du pays», conclut Ivison avec une honnêteté qui l'honore.



Le poids afghan

Impossible de ne pas mentionner le dossier afghan, qui provoque son lot d'analyses chaque semaine. À noter: des politologues albertains proches du chef conservateur constatent, dans le Calgary Herald, que l'appui du gouvernement à la mission a fléchi. Barry Cooper, de l'Université de Calgary, blâme l'opposition qui a si bien réussi à polariser l'opinion sur cette question que cela pourrait priver les conservateurs d'une majorité. David Bercuson, directeur du Centre d'études militaires et stratégiques, pense pour sa part que Harper préférerait sûrement prolonger la mission si son gouvernement «n'était pas dans les câbles» dans plusieurs dossiers et s'il avait une majorité. À suivre.

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1 commentaire
  • Denis Michaud - Inscrit 2 août 2007 16 h 48

    Les Québecoi et le Français ça ne mange pas le monde

    Nous sommes une race fière prêt à rendre service à tout concitoyen d'ici ou d'alleurs
    tout le monde recherche notre hospitalité et en plus nous parlons plusieurs langues