Le plan Baird - Une politique qui repose sur un pari

L’exploitation des sables bitumineux, dont 70 % sont exportés aux États-Unis, est responsable de la moitié de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre du Canada.
Photo: La Presse canadienne (photo) L’exploitation des sables bitumineux, dont 70 % sont exportés aux États-Unis, est responsable de la moitié de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre du Canada.

Le lancement du plan Baird sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) du Canada a donné lieu à une préparation psychologique aussi méticuleuse que s'il s'agissait du lancement d'une navette spatiale. Reste à déterminer si l'objectif consistait à informer ou à désinformer.

Rarement aura-t-on vu efforts aussi grands que ceux consacrés à préparer l'atterrissage du plan national de réduction des émissions de GES du ministre fédéral de l'Environnement, John Baird.

D'abord, les étiquettes. Après 15 mois au pouvoir, tous les communiqués gouvernementaux sont encore coiffés de la fallacieuse appellation d'origine contrôlée «nouveau gouvernement conservateur». Et, contrairement aux prétentions du gouvernement Harper, il ne s'agit pas du «premier» mais du deuxième plan canadien dans ce domaine, le premier ayant été déposé au printemps 2005 par l'ancien titulaire d'Environnement Canada et chef actuel du Parti libéral, Stéphane Dion.

Le dépôt du plan Baird a été précédé d'une étude non signée, que le gouvernement avait basée sur l'atteinte des objectifs de Kyoto en huit mois. L'hypothèse de base de cette étude, qui aboutissait à un prix de 195 $ la tonne, était évidemment farfelue parce que le Canada a encore six ans devant lui pour atteindre ses objectifs et peut même bénéficier d'un délai additionnel avec un plan de rattrapage, sans pénalité, si ce plan est jugé crédible. Le premier plan canadien pouvait s'étaler sur au moins sept à huit ans et aurait pu profiter des prix internationaux du carbone, qui se situent autour de 15 à 20 euros, soit entre 22 et 30 $CAN.

Il est surprenant de constater avec quelle duplicité l'étude apocalyptique de la semaine dernière a pu être diffusée de façon aussi peu critique par les médias canadiens. La véritable sanction économique est toujours celle du marché. Or, quand le premier plan fédéral de réduction des émissions de GES avait été publié, en 2005, les secteurs industriels de l'énergie, du pétrole et du raffinage des métaux n'avaient pas parlé de drame économique. Et les bourses continentales, qui s'émeuvent de la moindre petite bombe sur un pipeline irakien, étaient demeurées totalement insensibles au plan fédéral de 2005, qui prévoyait d'atteindre les objectifs de Kyoto, quitte à ce que le trésor public achète les crédits... et revende les excédents. Quand le marché parle aussi clairement pendant un an, les économistes de service se disqualifient eux-mêmes.



Le plan Baird

Mais examinons ce plan de plus près.

Il a pour objectif ultime de ramener en 2020 les émissions de GES du Canada à 20 % sous le niveau de 2006, ce qui devrait ramener les émissions à 627 mégatonnes (Mt) par rapport aux 784 Mt que nous avons émises l'an dernier.

Or le plan Baird n'exige d'ici 2020 que des réductions de l'intensité des émissions. Il écarte toute exigence de réductions nettes ou en chiffres absolus comme dans le premier plan fédéral. Il demande plutôt aux industries de réduire la quantité de combustible fossile utilisée pour chaque unité de production.

La réglementation fédérale exigera une réduction de 18 % de cette «intensité» pour 2012 et de 2 % par la suite, sous peine d'amendes si on réussit à prouver des infractions. Les nouvelles entreprises bénéficieront d'une exemption de trois ans et celles dont l'utilisation de combustibles serait incompressible n'auront ni à changer de procédés ni même à compenser leurs émissions par des achats. Ce cadeau inexpliqué devient ainsi un droit de polluer permanent. En l'absence de plafond absolu des émissions globales, les autres entreprises n'auront pas à compenser par des efforts additionnels pour les «clauses grand-père» qu'on accorde aux pollueurs qui se déclareront impénitents.

Du moment que le ratio production-rejet en vigueur sera respecté, chaque entreprise pourra accroître en toute quiétude sa production et ainsi contribuer davantage au réchauffement du climat. Celles qui utiliseront moins de combustibles fossiles que prévu par les normes obtiendront des «crédits» même si, en chiffres absolus, leurs émissions pourraient augmenter substantiellement. On comprend pourquoi le marché international, régi par les règles de Kyoto, n'accepte pas cette monnaie de singe.

En réalité, le plan Baird constitue un pur pari, car personne ne peut prédire sérieusement l'évolution de l'économie et de la productivité d'ici 2020, sauf peut-être les astrologues et les cartomanciennes. En l'absence de plafonnement réglementaire des émissions, rien ne garantit en effet que l'objectif de réduction de 150 millions de tonnes sera réalisé. Il s'agit d'une projection, tout simplement.

La faute à qui?

Depuis leur élection, les conservateurs imputent à leurs prédécesseurs la responsabilité de la hausse des émissions de GES, qui dépassent actuellement les objectifs de Kyoto de 35 %. Un pari devenu impossible, disent-ils, d'où leur décision de baisser les bras dès leur élection et de prendre 13 ans pour les relever un peu. Là encore, les faits racontent une autre histoire.

L'essentiel de la réglementation du plan fédéral de 2005 était prêt au moment de l'élection des conservateurs. Le registre des émissions canadiennes était fin prêt lui aussi. La loi fédérale de l'environnement avait été amendée pour inclure les GES dans la liste des contaminants, ce qui devait permettre au gouvernement d'édicter par règlement les obligations de rapport et les modalités de reconnaissance, d'achat et de vente des crédits d'émissions, etc. Le gouvernement Harper n'avait en somme qu'à accélérer la mise en oeuvre du plan gouvernemental pour mettre le Canada sur les rails de Kyoto. Il a plutôt stoppé le train et propose de le remplacer par une fourgonnette.

Le budget pour atteindre les objectifs du premier plan s'élevait à dix milliards. Le plan Baird coûtera neuf milliards. La différence, c'est que pour un milliard de dollars de moins, le Canada se retrouvera en 2010 avec des émissions dépassant de 35 %, au mieux, le niveau de référence international, soit celui de 1990. Avec le premier plan fédéral, il se serait rapproché de sa cible et aurait eu le temps de corriger le tir au besoin. Mais il aurait dû dépenser d'ici 2012 les dix milliards prévus alors que les neuf milliards du plan Baird seront dépensés d'ici 13 ans. Voilà peut-être l'objectif budgétaire du plan Baird. Reste à savoir ce que les conservateurs veulent faire de cet argent économisé sur le dos de la planète.

À dépense quasi égale mais étalée différemment, le plan Baird ne réalisera pas les objectifs de la première phase de Kyoto avant la fin de la deuxième phase (2012-20). En 2020, le Canada va se retrouver, selon les prévisions d'Ottawa, avec un niveau d'émissions supérieur de 11 % à ses objectifs de la première phase de Kyoto.

La politique du laisser-faire

Certains disent même que sa politique institutionnalise le laisser-faire, car sans politique réglementaire de réductions, uniquement sous la poussée des forces du marché, le taux d'efficacité énergétique du Canada — ou l'intensité de ses émissions — s'est amélioré de 47 % entre 1990 et 2004 alors que le plan Baird prévoit une amélioration de 26 % seulement entre 2007 et 2020. Cet objectif fédéral est probablement inférieur à un scénario de non-intervention gouvernementale, car les entreprises d'ici vont avoir tendance à adopter, par souci de compétitivité, les technologies moins énergivores que la course aux réductions des GES a fait émerger en Europe et en Asie.

Toutefois, cette politique canadienne qui s'aligne sur les tendances naturelles du marché va avoir pour conséquence très concrète d'expulser le Canada de l'effort concerté de lutte contre les changements climatiques, qui place plus de 180 pays signataires sous le chapeau de Kyoto. Le Canada va se retrouver dans le clan des États «voyous» environnementaux, avec les États-Unis et l'Australie. Il réserve ainsi un enterrement de première classe à sa réputation de leader environnemental, patiemment élaborée depuis 20 ans, légèrement minée lors des négociations sur le protocole de Carthagène (OGM) mais reconfirmée lors de la conférence de Montréal, en décembre 2005.

L'impact de ce rejet de Kyoto frappera les entreprises d'ici de diverses façons. Certaines ne pourront plus transférer à leurs filiales canadiennes les crédits accumulés sur le marché européen, ou vice-versa. Nos entrepreneurs n'auront pas accès à ce marché de plus de 70 milliards dans trois ans. Faute d'incitatifs puissants ainsi que de vrais plafonds d'émissions, le Canada ne modernisera pas son parc industriel aussi rapidement que les pays engagés dans cette voie, lesquels, curieusement, n'ont encore subi aucune catastrophe économique sur le marché européen. Bien au contraire.

Mais en s'expulsant lui-même du protocole de Kyoto, le Canada privera aussi ses entreprises après 2012, quand son retrait de Kyoto sera avéré, de tout accès au Mécanisme de développement propre (MDP), qui ouvre la porte à des projets de réduction des émissions de GES à moindre coût dans les pays en développement. Les détenteurs de crédits de ces pays vont évidemment préférer vendre à fort prix sur les marchés réglementés plutôt que sur le marché de réductions virtuelles prévu au Canada. Quant au marché nord-américain, pour l'instant limité à des achats volontaires, la valeur des crédits y est de cinq à dix fois inférieure à celle des marchés réglementés.

Dans le premier plan canadien, le gouvernement fédéral imposait aux grands émetteurs une réduction de 45 Mt. Or aucune crise économique ou boursière ne s'est produite à la suite de l'annonce de ce plan, qui exigeait en cinq ans ce que les conservateurs ne prévoient même pas faire en 13 ans, sans résultat garanti. En effet, en étendant à toutes les entreprises canadiennes des réductions en intensité de 65 Mt, le secteur des grands émetteurs n'écope pas davantage que dans le premier plan gouvernemental, le groupe d'entreprises étant sensiblement élargi.

La différence cependant, c'est que de grandes pétrolières ne pourront pas devenir d'ici cinq ou six ans des vendeurs de premier plan de crédits sur le marché international ou canadien, ce qui aurait été possible avec la séquestration du carbone. Cette technologie leur aurait en effet permis de dépasser amplement leurs objectifs et de vendre à fort prix sur un marché en croissance leurs excédents de performance environnementale. Certes, plusieurs auraient été obligés de payer plus cher pour produire proprement. Mais sur le plan des principes, l'économie s'assainit quand les externalités, comme les émissions de GES, sont intégrées dans les prix, ce qui devrait être l'article premier du catéchisme d'un vrai conservateur.

Force est donc de conclure que le gouvernement Harper est en train de jouer un vilain tour à son économie et à sa réputation par une politique d'intervention plutôt symbolique en pleine urgence planétaire. Une seule raison permet au bout du compte d'expliquer l'attitude des conservateurs: même s'ils affirment le contraire depuis quelques semaines, on peut légitimement penser qu'ils ne croient pas ou ne voient tout simplement pas, comme groupe, l'importance de l'enjeu environnemental en cause.
9 commentaires
  • Daniel Gauthier - Abonné 28 avril 2007 06 h 28

    editorial ou article d'information

    Encore un article ou M.Francoeur passe ses idees personnelles.S'il desire emettre ses opinions qu'il ecrive des editoriaux ou qu'il milite dans un groupe environnnementaliste.Je veux avoir des faits dans ces articles et non des opinions .Je vais me faire une idee par la suite
    Daniel Gauthier

  • Sébastien Hains - Inscrit 28 avril 2007 09 h 39

    Grande imposture!

    J'espère que les canadiens réalisent la gravité de l'absence de leadership de la part du gouvernement Harper.

    Ce gouvernement semble faire tout en son possible pour camoufler son intention évidente de ne pas agir pour les changements climatiques. Sans doute, cette irresponsablité aura des conséquences environnementale. Mais les conséquences économiques seront également catastrophiques. Le Canada est-il en train de manquer le virage technologique et économique annoncé par ce qui commence à ressembler à la fin de l'ère pétrolière?

    Nous retrouverons-nous aux côtés des États-Unis, dépassés par la majorité des pays développés qui auront acceptés ce virage technologique et pris des positions tout aussi profitables et bénéfique à leur économie qu'à l'environnement à long terme. N'y a-t-il pas quelqu'un dans ce gouvernement Harper qui considère les dommages à long terme de s'isoler du reste de la communauté internationale en faisant volte face devant un enjeux aussi crucial?

    Je trouve l'attitude attardée de ce gouvernement inquiétante et qu'elle démontre un grand manque de vision.

    J'espère que les canadiens se souviendront de l'imposture actuelle des conservateurs aux prochaines élections. Sans doute M.Harper a-t-il tenu un bon nombre de ses promesses électorales et que celà est bien. Mais négliger de s'engager sérieusement dans la lutte aux changements climatiques et s'isoler de la scène internationale me semble trop grave pour s'émouvoir d'une baisse de 1% de la TPS ou autre petit cadeau visant plutôt à acheter des votes qu'à s'occuper des vrais problèmes.

  • Fernand Trudel - Inscrit 28 avril 2007 12 h 43

    L'imposture kyotiste

    Le gouvernement conservateur a dévoilé un plan vert et déja la levée des boucliers des défenseurs du GIEC se lèvent d'un seul élan pour dénoncer la tiédeur de l'annonce. Ce gouvernement est coincé entre les lobbys opposés de l'économie et de l'écologie. Il a voulu plaire à tous mais ne satisfait personne sauf les payeurs de taxes qui sont rassurés car le gouvernement n'a pas mis tous ses oeufs dans le panier kyotiste mais s'est intégré à l'esprit écologique à la mode actuelle. Mais cette mode est t'elle futuriste ? Permettez moi d'en douter, voici mon argumentaire...

    Le protocole a été signé par 35 des 194 pays que constitue la planète et pas nécessairemnent les plus pollueurs. Déjà les pays signataires de l'Europe ont retardé leur plan à 2020 et le Canada fait de même. Pour certains c'est une hérésie pour d'autres un abandon, mais de quoi, Kyoto ???

    Les alarmistes du climat s'abreuvent des édits du GIEC qui lui se finance des dons généreux de l'ONU qui a recu pour ce faire un don d'un milliard d'un certain Ted Turner, ardent défenseur des causes humaines du réchauffement, et partisan d'une réduction draconienne de la population mondiale. Le GIEC est donc orienté et les savants du supposé consensus sont grassement payés pour dire comme ce que l'ONU a décidé de dire. D'ailleurs le résumé du GIEC est publié avant que les savants se soient réunis à Paris en février et leurs études scientifiques pour appuyer ce résumé ne sont toujours pas disponibles, de quoi avoir assez de temps pour réaligner les conclusions scientifiques au résumé déja publié.

    Mais l'ONU a de la misère à convaincre les pays de se coordonner tous ensemble et songe à un gouvernement mondial qui excamoterait les systèmes politiques des pays dont les intérêts sont divergents, donc d'un consensus utopique. Les discussions de Nairobi ont conduits à une impasse sur la nécessité de réviser les échéances prétextant le peu de domnnées scientifiques pour décider tout changement. Par la suite, le G8 réunissait à Essen en Allemagne les ministres des finances qui n'ont pas réussi à s'entendre sur une stratégie commune pour financer les phases du protocole environnemental. Kyoto est donc, mort-né et s'en réclamer relève de la nostalgie plus que du rationnel. Mais le lobby écolo est coriace et sa soif de subventions de recherhes et de programmes gouvernementaux n'a pas été assouvi suffisamment. Alors on accuse le Ministre baird d'avoir la lèpre pétrolière. Trop facile et peu réaliste. L'écologie a sa place dans le budget mais ne peut avoir toute la place, faut se raisonner. La pollution humaine ne s'est pas faite en un jour et réparer les dégats prendra le temps qu'il faut. Mais je persiste à dire que l'activité humaine n'est pas la cause de ce réchauffement de l'univers. C'est plutôt un cycle solaire. Nos écolos nous mènent en bateau alimentés par le GIEC et ses gro$ $ou$.

    Comme l'a déclaré le Président Tchèque Vaclav Klaus, "le réchauffement global est un mythe mensonger. Tout scientifique sérieux le confirme. Il n'est pas honnête de faire référence au panel de l'ONU. L'IPCC (GIEC) n'est pas une institution scientifique, c'est un organisme politique, une sorte d'organe non-gouvernemental proche des Verts. Ce n'est ni un forum de scientifiques impartiaux, ni un groupe équilibré de scientifiques. Ce sont des scientifiques politisés, réunis parce qu'ils avaient une opinion toute faite, pour exécuter une tâche définie à l'avance." N'est-ce pas la preuve que l'ONU joue un rôle majeur pour faire croire que le réchauffement global est causé par des facteurs humains ?

    De plus en plus de scientifiques se lèvent pour dénoncer cette supercherie médiatique. Plusieurs reviennent avec la théorie du refroidissement qui a fait les délices des alarmistes dans les années 70. En voici quelques uns.

    Timothy Ball, Président du Projet des Ressources Naturelles, et ancien professeur de climatologie à l'Université de Winnipeg, au Canada, a récemment publié un document remarquable, dans lequel il explique comment cette illusion a été fabriquée et entretenue, et comment ceux qui se rendent compte de cette farce sont mis au rang des parias, pour la seule raison qu'ils ont manifesté leur désaccord. Ball explique cela bien mieux que moi, et je n'hésite donc pas à citer largement son article : "Le réchauffement global, tel que nous l'imaginons, n'existe pas. Et je ne suis pas le seul à essayer d'ouvrir les yeux aux gens, pour qu'ils voient la vérité. Mais bien peu écoutent, malgré le fait que j'aie été l'un des premiers Docteurs en Climatologie Canadiens, et que j'aie une expérience approfondie dans ce domaine, surtout en matière de reconstruction des périodes climatiques de l'Histoire, et aussi en matière d'impact des changements climatiques sur l'Histoire des hommes et sur la condition humaine. Peu écoutent, bien que je sois titulaire d'un Doctorat en Sciences de l'Université de Londres, et que j'aie enseigné la climatologie à l'Université de Winnipeg. Pour un certain nombre de raisons (en fait, pour beaucoup de raisons), le monde n'écoute pas. Et voici pourquoi.

    "Croyez-le ou non, le réchauffement global n'est pas dû au fait que l'homme produise du dioxyde de carbone (CO2). Il s'agit là du plus grand mensonge organisé de toute l'histoire de la Science ! Nous perdons beaucoup de temps, d'énergie et de milliards de dollars, tout en provoquant inutilement la crainte et la consternation, à propos d'un problème qui ne repose sur aucune base scientifique.

    "Aucun être humain sensible ne cherche le conflit, surtout avec des gouvernements. Mais si ne nous ne recherchons pas la vérité, nous sommes perdus, en tant qu'individus ou en tant que sociétés. C'est pour cela que je continue à dire qu'il n'existe aucune preuve que l'activité humaine soit responsable du changement climatique. Récemment, Yuri A. Izrael, Vice-Président de l'IPCC, panel intergouvernemental commandité par l'ONU, a confirmé cette affirmation. Comment donc la monde entier en est venu à croire ce mensonge ?
    "C'est peut-être pour la même raison qu'il y a 30 ans, lorsque nous avions considéré que le refroidissement global était la plus grande menace pour l'humanité : c'est une question de foi ! Lowell Ponte avait écrit en 1976: "C'est une évidence brute : le refroidissement global de la planète représente pour l'humanité le défi le plus important qu'elle ait dû relever depuis dix mille ans, sur les plans social, politique et adaptatif. Votre engagement en faveur des décisions que nous allons prendre concernant ce problème est d'une importance vitale. Il s'agit de notre survie, et de la survie de nos enfants comme de toute l'espèce humaine."

    "A l'époque, j'étais tout autant opposé à l'idée du danger mortel représenté par ce refroidissement global, que je le suis aujourd'hui au danger du réchauffement global. Permettez-moi de dire que je ne conteste pas qu'il y ait actuellement un réchauffement climatique. Notre monde s'est réchauffé depuis 1680, époque du maximum de ce qui a été appelé le "petit âge glaciaire," qui s'est poursuivi jusqu'à présent. Ces changements climatiques correspondent à une variabilité naturelle, et peuvent être facilement expliqués par les modifications de l'activité solaire. Il ne se passe actuellement rien d'inhabituel.

    "Depuis que j'ai obtenu mon Doctorat de climatologie de l'Université de Londres, ma carrière a connu deux cycles climatiques. Les températures ont baissé entre 1940 et 1980. Au début des années 70, tout le monde était d'accord sur le fait qu'il y avait un refroidissement global. Cela prouve aussi qu'un consensus général n'est pas nécessairement un fait scientifique. Au début des années 90, les températures semblent augmenter à nouveau, et tout le monde est à présent d'accord sur le réchauffement global. Il semble que je vais assister à un autre cycle avant mon départ à la retraite, car les principaux mécanismes climatologiques, comme les tendances générales des températures, indiquent qu'un nouveau refroidissement se prépare.

    "Il est certain que si nous acceptons passivement l'opinion générale, cela nous procurera moins de stress et d'attaques personnelles, et cela favorisera notre carrière personnelle. Ce que j'ai expérimenté dans ma vie personnelle au cours des dernières années m'a fait comprendre pourquoi certains préfèrent ne pas s'exprimer publiquement. Ils pensent à la sécurité de leur carrière et ont peur des représailles. Même à l'Université, où l'on est censé encourager la liberté de parole et la recherche de la sagesse, les scientifiques demeurent silencieux."

    Personne ne conteste que nous soyons en train d'assister à un réchauffement global. Mais si nous refusons de croire qu'il ait un rapport quelconque avec l'activité de cette boule de feu géante qui brille au centre de notre système solaire, et que nous ne pouvons même pas fixer sans être aveuglés, nous ne faisons qu'étaler notre grossière ignorance.

    Comment expliquer le fait que presque toutes les planètes de notre système solaire connaissent simultanément les mêmes changements de température, et les mêmes modifications rapides de leur climat ? Cela ne devrait-il pas nous suggérer que le réchauffement global actuel est un cycle naturel qui dépend de l'évolution du soleil, et de l'intervention de divers phénomènes célestes ? Al Gore peut-il me contredire sur ce point ?

    Mars, Pluton, Jupiter, Saturne, Triton, comme dans bien d'autres coins et recoins de notre système solaire, sont en train de connaître une période de réchauffement, et de modifications rapides de leur climat. Quelle est l'influence des activités humaines sur Jupiter ?

    La terre, et ses voisins célestes, sont en train de se réchauffer parce que le soleil brille plus intensément en ce moment qu'au cours des 1000 dernières années. C'est la conclusion d'une étude officielle sur le système solaire, réalisée par l'Institut Max Planck, de Gôttingen en Allemagne.

    En outre, on a découvert que les rayons cosmiques, provenant des étoiles qui ont explosé, contribuent d'une manière substantielle à la formation de nos nuages et de l'effet de serre, comme le London Times l'a publié récemment.

    C'est aussi un fait que la terre, au cours des âges passés, a souvent connu des périodes successives de climat chaud, humide et stable, et de climat froid, sec et venteux, bien avant que le premier combustible fossile ait été brûlé. Les changements auxquels nous assistons actuellement sont comparables à une promenade dans un parc tranquille, au regard des bouleversements violents que notre robuste planète a connus dans le passé.

    Je ne dis pas cela pour défendre les cartels pétroliers, ni les Néo-Conservateurs démolisseurs qui gouvernent l'Amérique, et qui ont tous le plus grand intérêt à ignorer le réchauffement global, qu'il soit produit par l'activité humaine ou non.

    Je ne veux donc pas nier le fait que la terre soit en train de se réchauffer progressivement. Mais comment concilier le fait que ce réchauffement se produise dans tout le système solaire, avec l'explication que ce réchauffement est causé par l'activité humaine sur notre planète ? Nos fumées de combustion terrestres auraient-elles subrepticement atteint Triton, en passant par quelque trou noir ?

    Et d'autres scientifiques checvronnés se prononcent.

    Le National Post du 21 avril publiait cette entrevue avec le Prof Richard Lindzen ex-membre du GIEC, pour qui le réchauffement actuel n'est pas dû principalement à la présence humaine. Il y aurait, dit-il, une chance à 50/50 que le climat se refroidisse dans une vingtaine d'années. La planète a connu neuf refroidissements majeurs depuis 11,000 ans, soit depuis la dernière grande glaciation. Un refroidissement similaire au Petit âge glaciaire du 17è siècle serait beaucoup plus catastrophique qu'un réchauffement de quelques degrés qui va bénéficier au Canada.

    Brigitte van Vliet-Lanoë, professeur en sciences de la Terre à l'université des Sciences et Technologies de Lille déclare ceci: «Dans le contexte actuel, l'activité solaire vient de signer un réchauffement du même ordre que celui qui s'est produit au Moyen Âge, soit environ 1 °C de plus qu'en 1880. Nous sommes loin de l'Optimum holocène, voire de l'Interglaciaire Éémien (130 ka) ! La «transgression marine» associée sera probablement de même grandeur que celle du Dunkerquien II.»...

    «Le réchauffement récent sera plus ou moins rapidement tamponné par la disparition de la banquise et un ralentissement notoire de la circulation thermohaline, refroidissant par là l'Europe et surtout le nord-est de l'Atlantique. De plus, l'augmentation actuelle de l'effet de serre doit probablement accélérer cette procédure.»...

    «Notre planète a des capacités d'autorégulation remarquables, notamment par les échanges convectifs au sein de l'atmosphère, de l'hydrosphère en dialogue permanent avec la biosphère. L'homme, ce grand perturbateur, est un peu présomptueux de croire qu'il va tout modifier, même si son impact sur la biosphère est aussi destructeur pour la biodiversité qu'une chute d'astéroïde.»...

    « Quant à la réduction des terres cultivables et à la pollution, conséquences des modifications anthropiques du milieu et du climat, elles peuvent, à brève échéance, poser plus de problèmes économiques et politiques que le réchauffement potentiel censé faire fondre les calottes polaires et créer un déluge d'origine anthropique.La guerre de l'eau est un phénomène sociétaire cyclique au cours de l'Holocène. La dernière est commencée depuis plus de cinquante ans et, si le prochain glaciaire s'annonce, elle risque de durer longtemps. L'eau reste malgré tout le premier des gaz à effet de serre ! »...

    Global Warming nous a fait prendre conscience de la fragilité des équilibres à la surface de notre planète et, grâce à lui, de nombreuses études ont apporté leur lot d'informations à la fois sur notre passé et sur la géoprospective. Il nous a fait prendre conscience du caractère limité des ressources énergétiques fossiles. Et si ce Global Warming était surtout politique, une peur latente des nations économiquement riches de manquer d'énergie en cas de refroidissement climatique ? Qu'il fasse chaud ou qu'il fasse froid, il est important d'optimiser notre consommation énergétique et de limiter la pollution pour que les générations futures puissent continuer à se développer équitablement. Quant à voir pousser le maïs en Laponie, il existe d'autres facteurs limitant que la température.»

    Pour en savoir plus

    Abbot C.G., 1929. The sun and the welfare of Man. Smithonian Institution Series.
    Beltrando G. & Chémery L., 1995. Dictionnaire du climat. Larousse, 344 p.
    Berger A., 1992. Le Climat de la Terre. Un passé pour quel avenir ? De Boeck Université, 479 p.
    Cotton W.R. & Pielke R.A., 1995 : Human impacts on weather and climate. Cambridge University Press, 288 p.
    Duplessy J.-C. & Morel P., 1990. Gros temps sur la planète. Odile Jacob, 296 p.
    Eddy, J. A.: A new sun. The solar results from skylab. Washington, D. C., NASA, 1979, 12.
    Flohn H., 1968. Le Temps et le climat. Hachette, 253 p.
    GIEC, 1996. Second rapport d'évaluation du GIEC. Changements climatiques. OMM-PNUE.
    Gleick P.H., 1993. Water Crises. A Guide to the World's Freshwater Resources. Oxford University Press, 473 p.
    Houghton J.T., Callander B.A. & Varney S.K. (eds), 1992. Climate Change 1992. The Supplementary Report to the IPCC Scientific Assessment. Cambridge University Press.
    Houghton J.T., Jenkins G.J. & Ephraums J.J. (eds), 1990. Climate Change. The IPCC Scientific Assessment. Cambridge University Press.
    Joussaume S., 1993. Climat d'hier et de demain. CNRS édit., 141 p.
    Le Roy Ladurie E., 1983. Histoire du climat depuis l'an Mil. Flammarion, Paris. Vol. 1 : 287 p. ; vol. 2 : 254 p.
    Lenoir Y., 1992. La Vérité sur l'effet de serre. Le dossier d'une manipulation planétaire. La Découverte, « Sciences et société », 173 p.
    Leroux M.,2000. La Dynamique du temps et du climat. Dunod-Masson Sciences, 366 p.
    Nesmes-Ribes E. & Thuillier G., 2000. Histoire solaire et climatique. Belin-Pour la Science, 238 p.
    Pimentel D. (ed.), 1993. World soil erosion and conservation. Cambridge University Press.
    Sadourny R., 1994. Le Climat de la Terre. Flammarion, « Dominos n°28 », 126 p.
    Sigault F., 1975. L'Agriculture et le feu. Rôle et place du feu dans les techniques de préparation du champ de l'ancienne agriculture européenne. Mouton, Paris, 320 p.
    Sugden D., 1982. Arctic and Antarctic. Blackwell.
    Sundquist E.T. & Broecker W.S. (eds), 1985. The Carbon Cycle and Atmospheric CO2 : Natural Variations Archean to Present. American Geophysical Union, Geophysical Monograph vol. 32.
    Tardy Y. & Roquin C., 1998. Dérive des continents, paléoclimats et altérations tropicales. BRGM, « Connaissances géologiques », 484 p.
    Tardy Y., 1986. Le Cycle de l'eau. Climats, paléoclimats et géochimie globale. Masson, Paris, 338 p.
    Williams P.J. & Smith M.W., 1989. The Frozen Earth. Fundamentals of geocryology. Cambridge University Press, « Studies in Polar Res. ».

    Sites Web

    http://earthobservatory.nasa.gov/Newsroom/
    http://www.giss.nasa.gov/data/update/gistemp/stati
    http://www.vgt.vito.be
    http://www.fao.org/
    http://www2.sunysuffolk.edu/mandias/lia/possible_c
    http://www.geo.arizona.edu/palynology/geos462/20cl

    Alors le consensus scientifique je ne le connais pas, le protocole de Kyoto est une imposture qui peut assécher les finaces des pays signataires et le Canada dans son plan vert a éyté asse prudent pour ne pas sauter tête première dans cette arnaque orchestrée et médiatisée à outrance...

  • Stéphane Morvan - Inscrit 29 avril 2007 12 h 18

    Des élections alors !

    Puisque les conservateurs de Mr Harper semblent plus intéressés à dépenser en armement plutôt qu'en environnement, que ceux qui se sentent concernés manifestent leur désaccord. L'opposition prendra le relais à Ottawa pour dire non à la vision environnementale du Gouvernement Harper. Le pouvoir politique doit sentir la pression populaire, expression de d'une sensibilité et inquiétude devant les conséquences annoncées des changements climatiques.

    N'est-il pas suffisament évident que la dégradation de notre environnement a des conséquences sur la santé ? Bien sûr que si. Plus on pollue, moins on est en bonne santé. Notre milieu
    est ouvert, interconnecté, interdépendant. Ce que nous faisons de mauvais pour notre milieu, est forcément mauvais pour nous. Et qu'est-ce qui coûte le plus cher à notre gouvernement ? Les dépenses en santé...
    Donc, lien il y a. Notre santé sera meilleure si on réduit notre pollution et destruction de l'environnement. Tout le monde comprend ça mais ça gêne quand même les intérêts de certains qui prennent grand plaisir à ne pas comprendre, pour mieux gagner du temps. En attendant, il faut continuer à gagner de l'argent, pense-t-il...
    Alors pour tous ceux qui pensent autrement, il nous faut le dire, l'écrire, le faire savoir. Et les médias, libres et indépendants, au service de la collectivité, transmetront objectivement un message clair : il est grand temps de passer à l'action ! Non pas dans l'intérêt de quelques uns, mais dans l'intérêt de tous.

  • Alain Brunel - Abonné 29 avril 2007 12 h 43

    L'imposture de Fernand Trudel

    Le chat est sorti du sac ! Fernand Trudel approuve "la sage politique" du gouvernement conservateur qui n'empêchera nullement les émissions de CO2 des grands émetteurs du Canada d'augmenter (voir sa réaction à l'éditorial de M. Sansfaçon). Mais si le réchauffement continue ce sont des centaines de millions de personnes qui risquent d'en souffrir ou d'en mourir...

    Celui qui crache son venin depuis des mois sur les écologistes qui cherchent à protéger les conditions de vie de l'humanité et de la biodiversité, celui qui dénigre les milliers de scientifiques qui travaillent pour le GIEC, celui qui conteste que l'activité humaine soit responsable du réchauffement est un ami du parti conservateur des intérêts pétroliers...
    Ses amitiés et intérêts particuliers l'incitent même à remettre en cause la physique de l'effet de serre. Le rôle du gaz carbonique dans l'effet de serre est pourtant connu depuis que le suédois prix Nobel Svante Arrhenius a écrit son article " De l'influence de l'acide carbonique dans l'air sur la température au sol" publié en... 1896 !
    C'est un fait prélevé des glaces que la concentration du CO2 dans l'air est actuellement la plus élevée jamais mesurée en 650 000 ans ! L'humanité produit 24 milliards de tonnes de CO2 par année et le rythme d'augmentation du CO2 s'accélère encore.
    Selon Fernand Trudel, et contrairement à ce que disent les scientifiques du GIEC, cela n'aurait aucune influence sur le climat ?! Les arguments fallacieux de Trudel sont trop orientés pour ne pas être suspects de manipulation politique grossière. Cela s'appelle de l'imposture scientifique.

    Alain Brunel