Ottawa et Washington négocient une entente sur la qualité de l'air

Le Canada et les États-Unis amorceront des pourparlers en vue d'ajouter une annexe à l'accord conjoint sur la qualité de l'air, lequel portera sur la réduction des mouvements transfrontaliers de pollution atmosphérique et en particulier sur la réduction des matières particulaires principalement émises par les centrales au charbon.

L'annonce de cette nouvelle négociation a été faite hier à Washington conjointement par le ministre canadien de l'Environnement, John Baird, et l'administrateur de l'Agence de protection environnementale des États-Unis, Stephen L. Johnson. Les deux hommes ont aussi discuté lors de leur rencontre de «priorités environnementales communes», transfrontalières et internationales. Ils ont aussi parlé des techniques pour développer le stockage de carbone, qui pourraient être utilisées pour réduire les émissions de gaz à effet de serre des centrales thermiques au charbon.

En point de presse, le ministre Baird a précisé que le Canada envisageait de se joindre au pacte Asie-Pacifique que des partenaires du protocole de Kyoto et des non-signataires, comme les États-Unis, ont signé pour intensifier les échanges technologiques entre pays de la couronne Pacifique. Les États-Unis présentent systématiquement ce pacte technologique comme une solution de remplacement au protocole de Kyoto alors que les signataires de ce pacte, qui ont aussi ratifié le protocole, ont toujours dit qu'il s'ajoutait, sans le remplacer, au traité international sur la réduction concertée des gaz à effet de serre.

Les deux porte-parole ont par ailleurs précisé qu'ils n'avaient fixé aucune échéance au nouveau round de pourparlers annoncé hier. Mais le ministre Baird n'a donné aucun détail sur la stratégie que doit annoncer son gouvernement dans «quelques semaines» pour réduire les émissions de GES du Canada.

C'est d'ailleurs le fait de ne pas inclure les GES des deux pays dans ce nouveau round de pourparlers qui décevait hier le Sierra Club du Canada puisqu'il s'agit, selon la porte-parole, Emilie Moorhouse, «de la principale urgence planétaire». Au Canada, le gouvernement Harper lie dans un projet de loi pollution atmosphérique et lutte contre les changements climatiques, mais il sépare les deux questions dans ces nouveaux pourparlers avec les Américains.

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