Dion et May se laissent le champ libre

Stellarton, N.-É. — Les leaders Stéphane Dion et Elizabeth May ont confirmé hier qu'ils ont conclu un pacte de non-agression en vue des prochaines élections fédérales.

L'entente se limite à l'engagement des libéraux de ne pas présenter un candidat dans la circonscription où Mme May briguera les suffrages; en contrepartie, les verts ne présenteront pas de candidat dans le comté de M. Dion, celui de Saint-Laurent-Cartierville.

Mme May tente de se faire élire dans le comté de Central Nova, en Nouvelle-Écosse, du ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay. L'absence d'un candidat libéral peut l'aider. Et c'est dans ce comté que les deux chefs ont annoncé à la presse leur entente hier.

«La crise des changements climatiques en est une urgente, a dit Mme May en français. Il n'y a pas de temps à perdre. En raison de notre système électoral, je n'ai pas le choix. Je dois collaborer.»

M. Dion parle de cette association comme d'une «opportunité en or» de montrer aux Canadiens que l'environnement et les changements climatiques sont des sujets sérieux. «Nous avons besoin de solutions exceptionnelles et c'est pourquoi nous agissons de la sorte», a dit M. Dion, ajoutant que le Canada était à la croisée des chemins à propos de ce «sujet du siècle».

Le ministre MacKay n'était pas disponible pour commenter cette nouvelle hier, mais dans un communiqué de son cabinet, on lit: «Ça les regarde, quels candidats s'opposeront à nous et de quelle façon ils s'y prennent.»

De son côté, le ministre des Ressources humaines, Monte Solberg, a rapidement mis en doute cette alliance.

«Je pense que Stéphane Dion est en difficulté s'il doit créer des alliances en coulisses avant même que des élections ne soient déclenchées, a-t-il dit. Ça semble incroyable qu'il s'avoue déjà vaincu dans Central Nova avant le lancement des élections. Ça en dit long sur les chances qu'il accorde à son parti.»

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, dénonce cette entente, se disant déçu que Mme May ait «si rapidement fait son entrée dans les jeux de coulisses».

En point de presse à Ottawa, le chef du NPD a soutenu qu'en démocratie, ce sont les électeurs qui doivent choisir leurs représentants à la Chambre des communes, et non pas les chefs de parti.

Les troupes de M. Layton se sentent déjà menacées par l'attrait qu'exercent les verts sur une partie de leurs électeurs. Et le NPD a bien l'intention de présenter des candidats dans les 308 circonscriptions du pays.

M. Layton a également confirmé que la leader du Parti vert avait approché Stephen Lewis — une des figures phares du NPD — il y a environ un mois afin de sonder le terrain pour une alliance possible avec son parti.

Le chef du NPD n'est pas entré dans les détails, mais une source interne a révélé que Mme May souhaitait que M. Lewis et le libéral Tom Axworthy entament des discussions à propos d'une entente tripartite dans laquelle ils auraient convenu de certains comtés où des candidats ne se seraient pas présentés.

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