Réserve faunique La Vérendrye - Des autochtones ont bloqué la route 117

Grand-Remous — Des discussions entre Québec et les autochtones qui bloquaient la route 117, le seul lien routier entre les Laurentides et l’Abitibi-Témiscamingue, auront permis la levée du blocus, mis en place depuis 5h30, hier matin, dans la réserve faunique La Vérendrye.

Les protestataires avaient indiqué ne pas avoir l’intention de lever leur blocus avant qu’un représentant du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec ne soit venu les rencontrer.

Le ministère de la Sécurité publique a toutefois précisé à la Presse canadienne en soirée que des discussions sur leurs revendications n’auraient pas lieu tant et aussi longtemps que la route était fermée.

A 21 heures, la Sûreté du Québec précisait que des travaux pour dégager la chaussée des billots mis en place par les manifestants étaient en cours.

La circulation reprendra lorsque la route aura été sécurisée. La SQ n’a rapporté aucun incident au cours de la journée.

La barricade bloquait les deux voies de la route à environ 70 kilomètres au nord de Grand-Remous. Deux caravanes, deux tipis, un bélier mécanique, des billots de bois et des barils ont été utilisés par les manifestants. Plusieurs véhicules ont dû rebrousser chemin.

Les agents de la SQ qui observaient les mouvements à la barricade avaient remarqué la présence d’armes de chasse, d’individus masqués et d’un drapeau des Warriors, mais aucun coup de feu n’a été tiré et la police n’a signalé aucun acte d’agressivité.

Les policiers avaient érigé un périmètre de sécurité à 200 mètres de la barricade.
Au coeur du litige figure la récupération d’arbres morts ou malades étendus en forêt ou à demi renversés. Ce bois devait, selon les manifestants, être récupéré par l’organisme sans but lucratif «Gestion des ressources naturelles autochtones», puis acheminé aux compagnies forestières.

Les protestataires prétendent qu’une entente verbale conclue avec le gouvernement du Québec à ce sujet, et qui avait mis fin à une protestation précédente, n’a pas été respectée.

«Nous protestons parce que le gouvernement du Québec, les libéraux, nous ont menti, a déclaré Guillaume Carle, le grand chef de la Confédération des peuples autochtones du Québec et du Canada. Aussitôt que nous avons démantelé les barricades [la dernière fois], ils se sont retournés contre nous.»
M. Carle explique que «Gestion des ressources naturelles autochtones» devait procurer de l’emploi à quelque 300 autochtones.

M. Carle affirme de plus que le gouvernement a autorisé des coupes à blanc dans la région, mais que les autochtones n’ont pas leur mot à dire dans la planification des activités forestières et qu’ils n’en retirent aucun bénéfice. «C’est du vol», a lancé M. Carle, avant de préciser que les autochtones réclament des droits de coupe et veulent être consultés dans la gestion générale des ressources forestières.

Il a par ailleurs expliqué que l’installation de la barricade visait aussi à dénoncer les conditions de vie des autochtones qui habitent à l’extérieur des réserves. «Pas d’électricité, pas de chauffage, pas d’eau, a dit M. Carle, qui prétend représenter 6000 autochtones à travers le Canada. Les conditions sont inacceptables.»

Les protestataires avaient manifesté, le mois dernier, devant le bureau du ministre québécois des Ressources naturelles.