Le Canada sera prévenu si les prisonniers sont maltraités, dit O'Connor

Gordon O’Connor
Photo: Agence Reuters Gordon O’Connor

Le ministre de la Défense nationale, Gordon O'Connor, assure que le Canada sera immédiatement avisé si des détenus talibans transférés aux autorités afghanes par des soldats canadiens sont maltraités.

Dans un discours qu'il prononçait hier à l'Université de Montréal, le leader du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, a demandé que des observateurs chargés de veiller au respect des droits de la personne fassent rapport sur l'état des prisonniers remis aux autorités afghanes. Il s'agit, a-t-il dit, de forces qui sont accusées de tortures, de mauvais traitements et de violations du droit international.

«Pourtant, à la différence de la Grande-Bretagne et des Pays-Bas, le gouvernement canadien ne fait aucun effort pour contrôler la condition des détenus, une fois que ceux-ci sont remis aux Afghans», a déploré M. Layton.

Le chef néo-démocrate a par la suite affirmé aux journalistes qu'il veut savoir pourquoi des fonctionnaires ou des spécialistes canadiens ne pourraient pas être autorisés à garder un oeil sur les détenus transférés.

Vérification

«Après un transfert, il y a un manque de contact», a-t-il dit, ajoutant qu'il demandait à M. O'Connor de faire en sorte que les Canadiens puissent vérifier la situation des détenus confiés aux forces afghanes.

Mais dans un communiqué de presse, le ministre a évoqué un récent échange de lettres entre le Canada et la Commission des droits de la personne de l'Afghanistan, et a affirmé que la Commission avait accepté d'aviser immédiatement la force opérationnelle interarmées ou l'ambassade canadienne si elle apprenait qu'un détenu transféré par les Canadiens aux autorités afghanes a été maltraité.

Le ministre O'Connor a ajouté qu'en juin 2006, la Commission afghane avait rencontré des représentants des ministères des Affaires étrangères et de la Défense nationale à Ottawa, pour discuter de la situation des droits de la personne et des conditions de détention en Afghanistan.

Selon M. Layton, le Canada a l'obligation morale et légale de s'assurer que ses actions ne mènent pas à la torture. «Nous devrions certainement l'avoir appris après l'enquête publique sur l'affaire Maher Arar», a-t-il enchaîné.

M. Arar, un Canadien d'origine syrienne, a été détenu à New York en septembre 2002, puis expulsé en Syrie par les autorités américaines. Sous la torture, il a fait de faux aveux de liens avec le réseau terroriste al-Qaïda. Depuis, il a été lavé de tout soupçon par les autorités canadiennes.