Hillier ne s'oppose pas à la remise des détenus aux Afghans

Kandahar, Afghanistan — Le chef d'état-major des Forces armées canadiennes, le général Rick Hillier, ne s'oppose pas à la décision de confier aux autorités afghanes les détenus capturés par le Canada.

Le général Hillier a fait cette déclaration hier, à sa descente d'avion à Kandahar.

Des groupes de défense des droits de la personne ont pourtant critiqué cette décision qui ne permet plus au Canada d'avoir son mot à dire sur le sort réservé aux prisonniers après leur transfert aux Afghans.

La visite du général Hillier en Afghanistan survient au même moment que celle du ministre de la Défense nationale, Gordon O'Connor.

M. O'Connor devait rencontrer, hier, le dirigeant de la Commission des droits de l'Homme de l'Afghanistan, Abdul Noorzai, mais la rencontre a été annulée à la toute dernière minute par ce dernier.

Le Canada a signé une entente avec la Commission pour qu'elle suive à la trace le sort réservé aux détenus talibans après leur passage sous autorité afghane. M. O'Connor avait souhaité rencontrer M. Noorzai pour s'assurer que son organisation est en mesure de s'acquitter de cette tâche, notamment en ce qui a trait à la dénonciation des abus dont pourraient être victimes les prisonniers.

Le ministre a été critiqué relativement à la décision du Canada de remettre ses prisonniers aux autorités afghanes.

M. O'Connor a aussi visité la prison de Sarpoza — où sont incarcérés des prisonniers politiques —, mais les journalistes ont été exclus de cette visite à la toute dernière minute, prétendument pour des raisons de sécurité.

Le général Hillier et le ministre O'Connor devraient par ailleurs rencontrer des soldats qui participent à l'opération Achille, une campagne qui vise à déloger les insurgés talibans de la province de Helmand, dans le sud de l'Afghanistan.