Afghanistan - Le Canada n'est pas le seul pays à payer un lourd tribut

Ottawa — Le Canada n'est pas le seul pays à prendre des risques considérables pour stabiliser le sud de l'Afghanistan. Plusieurs autres alliés subissent des pertes humaines, et la perception selon laquelle les soldats canadiens sont les seuls à subir le fardeau de la guerre est fausse, a déclaré hier un porte-parole de l'OTAN. James Appathurai a également soutenu que l'année 2007 serait elle aussi «une grosse année militaire» dans le sud.

«Avoir moins de militaires dans le sud du pays n'est pas une bonne idée présentement. Je suis d'accord qu'il faut plus d'aide humanitaire, mais la situation n'est pas encore sécuritaire dans le sud. Je pense que l'année 2007 sera encore une grosse année militaire», a dit James Appathurai, porte-parole du Secrétariat international de l'OTAN. Ce dernier faisait rapport de la situation en Afghanistan hier devant le comité de la Défense nationale, à Ottawa.

Le Canada n'est pas le seul à prendre des risques dans cette région, a-t-il ajouté. «Il y a une perception que le Canada est le seul à subir le fardeau. C'est faux et il faut le dire. Tous les alliés payent un lourd prix pour leur engagement. L'idée que les autres pays ne font pas leur part est erronée», dit James Appathurai. Selon lui, tous les pays font des «sacrifices». «Nous avons un drapeau en berne devant de notre quartier général de l'OTAN presque tous les jours, et ce n'est pas juste le Canada qui perd des soldats», a-t-il lancé, incisif. Depuis 2001, le Canada a perdu 44 soldats au combat, dont la très vaste majorité au cours de la dernière année. Près de 2500 militaires canadiens sont en Afghanistan. En juillet, la vaste majorité de ces soldats seront remplacés par 1900 de leurs collègues québécois de Valcartier. Le contingent devrait compter 2500 soldats jusqu'en 2009.

Le porte-parole de l'OTAN souligne que la coalition, contrairement à la situation qui prévalait l'an dernier, a tous les effectifs nécessaires dans le sud du pays pour riposter aux attaques printanières des talibans et de al-Qaïda. «Vous allez rarement entendre un officier de l'OTAN entièrement satisfait. On peut toujours faire plus. Mais en général, oui, nous avons ce qu'il faut. Les alliés font leur part», dit James Appathurai.

Depuis 18 mois, les effectifs des forces alliées dans le sud de l'Afghanistan, la région la plus instable du pays, sont passés de 1000 à

12 000 soldats. Huit pays se partagent la tâche de chasser les talibans et de sécuriser le terrain pour faire de la reconstruction: le Royaume-Uni (7700 soldats), le Canada (2500), les Pays-Bas (2200), la Roumanie (750), l'Australie (500), le Danemark (400), l'Estonie (90) et les États-Unis, dont le nombre de militaires dans le sud est important, mais non précisé dans les statistiques de l'OTAN.

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