La FTQ et le Bloc pressent Ottawa d'aider le secteur manufacturier

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a dit s’attendre à ce que le budget du 19 mars comprenne certaines mesures destinées au secteur manufacturier. Mais il n’est pas nécessaire que le gouvernement attende jusque-là, a-t-il fait valoir.
Photo: Jacques Nadeau Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a dit s’attendre à ce que le budget du 19 mars comprenne certaines mesures destinées au secteur manufacturier. Mais il n’est pas nécessaire que le gouvernement attende jusque-là, a-t-il fait valoir.

Ottawa — La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et le Bloc québécois pressent le gouvernement fédéral d'intervenir dès maintenant pour aider le secteur manufacturier malmené depuis quelques années par la hausse du dollar et la concurrence des pays en voie de développement.

À Ottawa, hier, le président de la FTQ Henri Massé a rappelé que l'industrie québécoise de la fabrication avait perdu quelque 100 000 emplois depuis 2002.

«C'est plus que le nombre d'emplois perdus dans les trois récessions des 25 dernières années», a-t-il fait valoir.

Même s'il considère que la situation n'est «quasiment pas rattrapable», le syndicaliste maintient qu'il est essentiel d'agir le plus rapidement possible pour éviter que le secteur manufacturier canadien disparaisse à moyen terme.

La FTQ représente entre autres des travailleurs de l'industrie forestière et de l'industrie aéronautique. Depuis quelques années, M. Massé a fait de la protection et de la promotion de ces domaines l'un de ses chevaux de bataille.

Cette fois-ci, il a obtenu l'appui du Bloc québécois. Lors d'un point de presse, hier, le chef Gilles Duceppe et le critique en matière d'industrie Paul Crête ont dit ne pas comprendre le «laisser-faire» du gouvernement dont les coffres sont pleins.

M. Crête a rappelé que le comité de l'industrie avait produit un rapport unanime comprenant 22 recommandations sur l'imposition, l'énergie, la main-d'oeuvre, la réglementation et la propriété intellectuelle, entre autres.

Ce document de 160 pages est le résultat d'une tournée pancanadienne qui ont duré près d'un an. Les ministres de l'Industrie et des Finances ont tous deux reçu une copie du rapport et ont indiqué qu'ils l'étudieraient.

M. Duceppe a dit s'attendre à ce que le budget du 19 mars comprenne certaines mesures destinées au secteur manufacturier. Mais il n'est pas nécessaire que le gouvernement attende jusque-là, a-t-il fait valoir.

À son avis, le programme Partenariat technologique Canada (PTC), qui est disparu le 31 décembre, pourrait facilement être ressuscité.

Des mesures de sauvegardes pour des domaines particulièrement vulnérables comme celui du vêtement pourraient en outre être imposées sans attendre.

Si l'on se fie à Henri Massé, les conservateurs pourraient payer cher leur inertie qui met en péril des emplois et risque d'entraîner «tout un drame dans les finances publiques». «La pression va monter de manière importante», a-t-il insisté.

Le coût total des recommandations du comité pourrait s'élever à 20 milliards en cinq ans. Mais pour Gilles Duceppe, l'investissement serait rentable.

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