Ottawa ajoute 200 millions pour la reconstruction de l'Afghanistan

Stephen Harper a annoncé un accroissement du soutien canadien à la reconstruction de l’Afghanistan.
Photo: Agence Reuters Stephen Harper a annoncé un accroissement du soutien canadien à la reconstruction de l’Afghanistan.

Ottawa — Le gouvernement fédéral augmentera de 20 % l'aide versée à la reconstruction de l'Afghanistan au cours des quatre prochaines années. Cette annonce, bien accueillie par l'opposition, n'a toutefois pas permis de faire oublier la minceur du rapport mesurant les progrès accomplis dans ce pays déposé au Parlement hier.

Ottawa versera 200 millions de dollars supplémentaires dans une fiducie destinée à la reconstruction de l'Afghanistan. Cet argent pourra être utilisé d'ici 2011 et sera puisé à même les surplus budgétaires de l'année fiscale en cours. Cette somme porte à 1,2 milliard l'aide humanitaire du Canada pour la décennie 2001-11.

«Si nous échouons en Afghanistan, si ce pays retombe dans l'anarchie et redevient un repaire pour les extrémistes et les terroristes, le monde deviendra plus dangereux», a plaidé le premier ministre Stephen Harper hier au cours d'une conférence de presse où il était accompagné de l'ambassadeur afghan au Canada, Omar Samad.

L'opposition

Les partis d'opposition ont salué cette injection d'argent, bien que l'on déplore encore que la mission soit trop militaire et pas assez humanitaire. «Bien sûr, j'ai demandé qu'il y ait plus d'argent dans l'humanitaire, je ne suis pas pour dénoncer le fait qu'on met 200 millions, a reconnu le chef bloquiste Gilles Duceppe. Maintenant, si on me dit qu'il y a cinq fois le montant dans le militaire [au lieu de six], ça change pas grand-chose. C'est pas plus balancé.» Au NPD, on y voit la preuve que l'implication militaire n'a pas donné les fruits escomptés.

Les partis d'opposition se plaignent en outre de constater peu de progrès dans la vie de tous les jours en Afghanistan. À ce chapitre, le premier rapport d'étape déposé hier par le gouvernement ne les éclairera pas beaucoup plus. Intitulé «La mission du Canada en Afghanistan: mesurer les progrès», le rapport de 19 pages conclut sur une note des plus positives. «Est-ce que notre départ mettrait en péril les progrès accomplis aux chapitres du développement social et économique, des droits de la personne et de l'éducation? Il est évident que les efforts canadiens que nous présentons ici constituent une seule réponse sans équivoque: oui.»

Le rapport n'est pas aussi clair. On y apprend que le Canada a fourni 36 personnes, civiles et militaires, pour former de futurs policiers afghans, de même que 470 gilets pare-balles et 1500 uniformes et qu'une partie des sommes versées — 20 millions de dollars — a contribué à payer leurs salaires.

Le rapport procède ensuite à une courte liste de résultats obtenus grâce à l'aide internationale, mais d'aucune manière est-il possible d'isoler l'aide canadienne et d'en quantifier l'impact. Ainsi, on sait que le service de microcrédit a bénéficié à 300 000 Afghans et que le Canada est le «premier pays donateur» au programme. En matière d'éducation, l'aide internationale a mis 4 millions d'enfants de plus qu'en 2001 sur les bancs d'école. Enfin, l'aide internationale a permis de construire 170 kilomètres de routes.

Avec ce rapport-là, déplore le critique libéral Denis Coderre, «ils veulent tenter de nous préparer de rester après 2009».

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