Réfection des infrastructures - Haïti reçoit une première tranche de l'argent promis par le Canada

La ministre canadienne de la Coopération internationale, Josée Verner, a profité d'une visite de deux jours en Haïti pour annoncer une somme de près de 90 millions de dollars en aide au développement, qui sera investie pour la remise en état des infrastructures et pour diverses initiatives en santé. Ces projets humanitaires constituent en fait la première tranche d'une enveloppe déjà connue de 520 millions qui sera versée au pays le plus pauvre d'Amérique d'ici 2011.

De cette somme, 19,5 millions serviront à la rénovation d'infrastructures «qui ont un fort impact sur l'activité économique locale», notamment les routes, les ponts, les ports, les services d'eau potable, la gestion des déchets, l'éclairage public et les marchés publics.

La ministre de la Coopération internationale a également indiqué que le Canada engagerait 45 millions pour de nouveaux projets d'aide liés à la santé, dont 18 millions en appui au développement du système de santé haïtien et 17,5 millions en appui au Programme élargi de vaccination. Une autre enveloppe de 20 millions sera utilisée pour créer un mécanisme de financement d'activités immédiates de relèvement en cas de catastrophes naturelles.

Enfin, une somme de cinq millions sera injectée dans le Programme de cantines scolaires du Programme alimentaire mondial, qui offre un repas quotidien à

300 000 enfants haïtiens de 700 écoles primaires. «Pour certains de ces enfants, c'est le seul repas de la journée. Ce programme fonctionne d'ailleurs très bien, et on a noté une augmentation de la fréquentation scolaire et une meilleure capacité de concentration», a expliqué Mme Verner au Devoir au cour d'un entretien téléphonique depuis Haïti.

La ministre conservatrice a aussi fait valoir que cette aide pouvait contribuer à endiguer le flot de violence qui frappe le pays. «Comme dans tout pays qui traverse une situation instable, c'est avec une approche de développement qu'on offre une alternative à la population et qu'on s'assure qu'elle puisse vivre sa démocratie en pleine sécurité, a estimé Mme Verner. J'ai été en mesure de constater les résultats du travail fait en Haïti.»

Haïti vit néanmoins des heures très difficiles. Celle qu'on surnomme «la perle des Antilles» est plongée dans un climat d'insécurité que l'élection du président René Préval et la présence de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (avec ses 9000 Casques bleus et policiers) n'ont pas réussi à atténuer de façon substantielle. «Le crime organisé et la violence criminelle menacent de submerger Haïti», rappelait d'ailleurs la semaine dernière l'International Crisis Group. «Nous sommes fermement engagés à soutenir le gouvernement Préval, et nous sommes engagés sur tous les fronts, que ce soit la santé, l'éducation, la gouverne démocratique ou le développement des infrastructures», a tenu à rappeler la ministre Verner hier.

En juillet dernier, à Port-au-Prince, Mme Verner avait annoncé que son gouvernement verserait une aide de 520 millions en cinq ans pour Haïti. Ce pays figure au deuxième rang des pays bénéficiaires de l'aide canadienne, après l'Afghanistan.

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