Les conservateurs votent contre une motion visant à respecter Kyoto

Ottawa — Le gouvernement Harper s'est de nouveau retrouvé isolé dans le dossier environnemental hier aux Communes, alors que les trois partis d'opposition ont voté en faveur d'une motion libérale qui somme le gouvernement d'atteindre les objectifs de Kyoto et de créer rapidement un marché du carbone avec des objectifs de réduction de gaz à effet de serre obligatoires pour les entreprises.

La motion du Parti libéral n'est pas contraignante pour le gouvernement qui n'a ainsi aucune obligation de suivre le résultat du vote d'hier soir. La motion a facilement été adoptée par 161 voix contre 115. Le Parti libéral, le Bloc québécois et le NPD ont voté pour le respect des cibles du protocole de Kyoto, alors que les troupes conservatrices, qui jugent les objectifs de Kyoto «irréalistes», s'y sont opposées.

Mais ce qui a surtout retenu l'attention, c'est la volonté affichée du gouvernement de seulement «stabiliser» à court terme la hausse des rejets de gaz à effet de serre (GES), notamment avec une réduction basée sur l'intensité des émissions de GES plutôt qu'avec une réduction absolue. Une réduction basée sur l'intensité permet de ralentir la croissance des rejets de GES dans l'atmosphère, mais non pas d'en diminuer la concentration, comme l'exige le protocole de Kyoto. Au bout du compte, une réduction basée sur l'intensité ne permet pas de lutter contre le réchauffement de la planète.

Vendredi, le premier ministre Harper a reconnu que le problème des changements climatiques était «énorme», ajoutant qu'il n'y avait aucune solution miracle pour diminuer rapidement les rejets de GES. «La première étape d'un plan est d'abord d'essayer de stabiliser les émissions et, évidemment, à plus long terme, de les réduire», a soutenu Harper. Selon le premier ministre, la seule voie possible réside dans le développement de nouvelles technologies. «On ne peut pas dire aux gens d'arrêter de chauffer leur maison en hiver», a-t-il dit.

Les partis d'opposition estiment au contraire que l'heure est grave et que stabiliser les émissions n'est pas suffisant. «Une telle approche est inacceptable considérant l'urgence d'agir non pas pour restreindre les hausses des émissions de GES, mais bien pour diminuer les émissions. Le gouvernement Harper doit revoir sans délai sa stratégie environnementale, s'il en a une, et annoncer plutôt des cibles de réduction absolues», a soutenu Bernard Bigras, critique du Bloc québécois en matière d'environnement.

Le ministre de l'Environnement, John Baird, a laissé entendre que l'économie canadienne serait mise à mal par un plan de réduction rapide des GES. «La croissance économique au Canada et au Québec, c'est également important pour ce gouvernement», a-t-il dit.

Le chef du Parti libéral, Stéphane Dion, a reconnu qu'il serait difficile d'atteindre les objectifs de Kyoto si le prochain budget fédéral n'était pas «le budget le plus vert» de l'histoire du pays. Selon lui, il faut des politiques et des programmes ambitieux, plus encore que le Plan vert proposé par les libéraux en 2005. «Si on continue à perdre notre temps avec un gouvernement conservateur, on ratera nos obligations. C'est évident», a lancé Stéphane Dion.

Mais pourquoi donc chercher à respecter les cibles de Kyoto, notamment en proposant la motion votée hier, si Stéphane Dion lui-même reconnaît que c'est impossible, a rétorqué un Stephen Harper frondeur. «Le chef du Parti libéral était incapable de développer un plan réaliste pour réduire les gaz à effet de serre dans le but d'atteindre les objectifs de Kyoto», a dit Stephen Harper.
2 commentaires
  • Lise Jacques - Inscrite 6 février 2007 10 h 45

    A COURT DE SOLUTIONS

    Monsieur Harper pourrait toujours demander à Monsieur David Suzuky en tournée présentement dans de nombreuses villes canadiennes. Le titre de ses conférences;"Si j'étais Premier Ministre.

    La scédule de cette tournée est aussi disponible sur le site d'Equiterre en plus du site de la Fondation David Suzuky.

    Il ne manque pas de bonnes idées,lui! mais il n'est pas le Premier Ministre!

    Lise Jacques

  • Fernand Trudel - Inscrit 6 février 2007 14 h 28

    Kyoto, quoi ???

    Faute de concensus politique les 35 pays signataires devront déchirer Kyoto. D'ailleurs le principal instigateur de la motion demandant le respect du protocole, Stéphane Dion, était là à la signature du protocole en 1998. Qu' a t'il fait de concret sauf d'augmenter depuis 1998 les émissions de GES de 26%. Comment se fait-il qu'il a concu un tas de programmes sur papier sans en initier un seul ???

    Pourtant Harper, lui s'est relevé les manches dans le dossier de Sydney Steel. Dion a passé sous silence sa propre tergiversation dans ce dossier qui croupie de comités,en BAPE, en études de toutes sortes depuis 1977.

    Équiterre qui s'occupe des pesticides doit savoir que le gouvernement vient d'instaurer un programme de 300 millions pour contrôler les produits toxiques. Il n'a pas attendu les états d'âme d'Hubert Reeves qui dans sa première chronique parlait que l'épandage de pesticides en Chine qui pouvait se transporter ici. À moins que ces environnementalistes nous invente une nouvelle bourse des produits toxiques...

    Le réchauffement médiatique des alarmistes me rend de plus en plus sceptique. Le GIEC a tellement trituré les études scientiques qu'on ne sait plus qui dit la vérité. Quand on publie un résumé donnant des conclusions avant que les scientifiques débarquent à Paris pour le valider, il y a anguille sous roche. Nous devrons attendre plusieurs mois pour savoir quelle pirouette les scientifiques ont fait pour arriver aux conclusions annoncées d'avance.

    Un fait demeure, le même phénomène s'est produit sur Mars et les experts de la NASA attribuent ca aux rayons solaires. Ici on attribue toute la faute aux humains. Quand Environnement Canada se trompe de 10 degrés quarante-huit heures a l'avance sans sourciller et nous prédire avec les mêmes ordinateurs des catastrophes en 2040. Permettez moi d'en douter un peu.

    J'ai entendu un pro-Kyoto, Jérôme Vaillancourt, ex PDG de Vivre en Ville, une OSBL parente avec Équiterre, vanter la bonne performance du Québec dans le dossier des gaz à effet de serre au point où pour lui le Québec passerait à la caisse dans un marché du carbone. Si c'est vrai, où est le problème ? Où bien , Monsieur Vaillancourt, a menti pour faire adopter par le conseil de Ville de Québec une résolution qu'il a lui même déposé pour réclamer un marché du carbone, naturellement à Montréal. J'imagine qu'il va être installé sur le terrain de 1,3 million que les écolos viennent de recevoir en cadeau d'Hydro-Québec au centre-ville de Montréal.

    A force de crier au loup, plus personne n'entendra ces alarmistes...