Selon un ancien ministre libéral - Dion n'a pas toujours été un grand partisan de la question environnementale

Ottawa — Un ancien collègue de cabinet de Stéphane Dion affirme que l'actuel dirigeant libéral n'a pas toujours affiché le même enthousiasme qu'aujourd'hui à propos de la question environnementale.

David Anderson rappelle en effet que lorsque le précédent gouvernement libéral a signé le protocole de Kyoto sur le changement climatique, en 1998, M. Dion se préoccupait davantage de préserver la paix avec les provinces, dont la plupart s'opposaient aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre établis par l'entente.

Lors d'un entretien accordé à la Presse Canadienne, l'ancien ministre de l'Environnement a indiqué que M. Dion était alors ministre des Affaires intergouvernementales et qu'il devait s'assurer que les relations entre Ottawa et les provinces étaient harmonieuses, tandis que les provinces étaient opposées à l'accord environnemental.

Compte tenu des circonstances, M. Anderson a jugé que M. Dion était favorable à Kyoto et qu'il a souvent été très utile lors des négociations avec les provinces récalcitrantes.

Néanmoins, M. Anderson estime que le seul dirigeant politique ayant constamment soutenu Kyoto est le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, suivi de près par l'ancien premier ministre Jean Chrétien et M. Dion.

Stéphane Dion a été désigné chef du Parti libéral du Canada (PLC), il y a deux mois, après avoir fait croisade pour l'environnement. Depuis, il s'est fait le champion de sévères mesures de réduction des émissions. La semaine dernière, il a déposé une motion afin de demander au gouvernement conservateur d'atteindre les objectifs de Kyoto.

Dion «convaincu»

En entrevue, M. Dion a affirmé avoir toujours été «convaincu» que l'entente environnementale était la bonne politique à suivre. Il a cependant ajouté qu'à titre de ministre des Affaires internationales, il devait négocier avec les provinces et tenter de réduire au minimum les facteurs d'irritation.

«Ne me présentez pas comme un opposant [à Kyoto]. J'étais un partisan, un partisan, mais un partisan complexe parce que je voulais travailler au sein d'un processus qui donnerait lieu à une meilleure politique», a-t-il déclaré.

«Mon but n'était pas l'harmonie avec les provinces, a ajouté le chef du PLC. C'était d'avoir une bonne politique pour les Canadiens. Mais, la plupart du temps, une bonne politique vient avec l'harmonie.»