Lutte contre les gaz à effet de serre - Baird ouvre la porte à un financement du plan québécois

John Baird
Photo: Agence Reuters John Baird

Ottawa — Le ministre québécois du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Claude Béchard, s'est dit «très heureux» et «agréablement surpris» de sa première rencontre avec son homologue fédéral, John Baird. Après une réunion d'environ 30 minutes hier à Ottawa, Claude Béchard a soutenu que le gouvernement fédéral était maintenant «ouvert» à verser les 328 millions que le Québec réclame pour compléter son plan de lutte contre les changements climatiques. Au bureau de John Baird, on a qualifié la rencontre de «très productive», même si on refuse de parler d'un montant précis. Le ministre Baird n'a toutefois pas rencontré les médias avec son homologue du Québec, qui a dû tenir le point de presse seul.

La rencontre entre les deux hommes visait avant tout à débroussailler le terrain et «à se mettre au même niveau», selon les mots de Claude Béchard. Ce dernier a toutefois été «agréablement surpris de cette bonne rencontre», visiblement étonné du changement de ton radical entre l'ancienne ministre Rona Ambrose et le nouveau titulaire de l'Environnement, John Baird. «Je vois que M. Baird veut de l'action. Nous, on a tous les outils pour qu'il y ait de l'action avec notre plan de réduction des gaz à effet de serre», a déclaré Claude Béchard.

Le Québec aura-t-il les 328 millions qu'il réclame depuis plus d'un an? «Je m'étais fait dire non l'automne passé sur les demandes financières du Québec, mais je pense qu'aujourd'hui la porte est de nouveau ouverte», a dit le ministre Béchard, ajoutant que le fédéral «est prêt à travailler avec nous pour ajouter ses efforts à notre plan».

Une source gouvernementale a soutenu au Devoir que, si argent il y a pour le Québec en matière de lutte contre les changements climatiques, c'est le budget, déposé le 20 mars, qui en révélera le montant. Claude Béchard a toutefois réaffirmé à son homologue que le Québec était prêt à utiliser l'approche du financement par projets plutôt qu'une enveloppe globale de 328 millions versée d'un seul coup. «Je ne voulais pas repartir d'ici avec un chèque», a précisé Claude Béchard, prenant bien soin d'ajouter: «C'est clair qu'on souhaite avoir les 328 millions. J'ai besoin des 328 millions sur six ans. On va voir quand ça va arriver, mais je souhaite que ce soit le plus vite possible.»

Le ministre québécois affirme avoir discuté de plusieurs sujets avec John Baird, mais pas de la création d'un marché du carbone, pourtant mis sur les rails par Rona Ambrose. Claude Béchard dit avoir constaté «une évolution» dans le discours d'Ottawa et être «très heureux» du désir d'action de John Baird. «J'ai hâte de voir les prochaines semaines, j'espère qu'on aura des exemples concrets de projets qui visent à réduire les gaz à effet de serre», a-t-il dit.

Ont-ils parlé des cibles du protocole de Kyoto? Non, répond Claude Béchard. «Notre situation, avec l'hydroélectricité, est plus facile pour atteindre les objectifs de Kyoto que d'autres provinces. On souhaite bien sûr que le fédéral fasse des efforts pour se rapprocher des cibles de Kyoto, mais on n'a pas discuté de la possibilité de les atteindre à l'échelle canadienne.»

L'attaché de presse de John Baird, Éric Richer, a soutenu que la rencontre avait été «très productive». «On est conscient que le sujet est important pour les Québécois et les Canadiens. On espère poursuivre une bonne collaboration avec le Québec. On veut agir», a-t-il dit.