Harper dit croire aux changements climatiques

Ottawa — Il dit reconnaître «la science des changements climatiques» et appuyer la tenue d'un sommet international des Nations unies sur le réchauffement de la planète, mais le premier ministre Stephen Harper n'a jamais cédé hier aux assauts des libéraux qui cherchaient à le faire commenter une lettre qu'il a signée il y a cinq ans et qui démolissait sans retenue le protocole de Kyoto.

En faisant en sorte qu'un député conservateur lui pose la question, M. Harper s'était assuré de pouvoir confirmer la participation du Canada à un sommet qui demeure pour l'instant théorique puisque aucune invitation n'a encore été envoyée.

Cet effort visait à contrer les attaques des libéraux qui, depuis deux jours, ont fouillé dans les écrits passés de M. Harper pour le mettre dans l'embarras.

Mardi, le Parti libéral faisait circuler une lettre écrite en 2002 par M. Harper, alors qu'il était chef de l'Alliance canadienne, dans laquelle il sollicitait des fonds pour mener «la bataille contre Kyoto».

Dans cette lettre, M. Harper tournait l'entente au ridicule en la qualifiant de «complot socialiste» et remettait en question la science qui sous-tend les changements climatiques.

Stéphane Dion a sonné le tocsin aux Communes hier lors de la période de questions. «Est-il toujours d'accord avec lui-même? Est-il toujours d'accord avec sa déclaration de 2002?», a lâché M. Dion, qui tente de dépeindre son rival comme un politicien qui nie l'existence des changements climatiques.

Le premier ministre s'attendait visiblement à cette question. «Ce gouvernement agit. Ce gouvernement accepte et a accepté, durant la campagne électorale, la science du changement climatique», a-t-il répliqué.

Les réponses n'ont pas convaincu M. Dion, qui estime que M. Harper «n'a pas changé d'idée» et qu'il «pense de la même façon mais n'ose plus le dire».

Pour en faire la preuve, les libéraux obligeront les conservateurs à se prononcer sur une motion qui sera débattue aujourd'hui et dans laquelle il est affirmé que le gouvernement «réaffirme l'engagement du Canada à honorer les principes et les cibles du protocole de Kyoto».

Hier, à toutes les questions des libéraux sur l'environnement, le premier ministre et son ministre de l'Environnement, John Baird, ont rétorqué en citant des déclarations antérieures de députés du Parti libéral remettant en question le protocole de Kyoto ou les réalisations du gouvernement libéral.