Congédiement de la commissaire à l'environnement - Sheila Fraser laisse planer le mystère

Ottawa — Elle a l'habitude d'être celle qui lève le voile sur des situations opaques ou cachées, mais hier la vérificatrice générale Sheila Fraser a offert bien peu de réponses pour expliquer le congédiement-surprise, la veille, de la commissaire à l'environnement Johanne Gélinas.

«Je ne peux faire d'autres commentaires à ce sujet pour plusieurs raisons, notamment pour protéger des renseignements personnels», a lancé d'entrée de jeu Mme Fraser, qui comparaissait devant le Comité de l'environnement pour discuter, d'abord et avant tout, du mandat du commissaire à l'environnement.

La prudence affichée par la vérificatrice a probablement une autre cause. Hier, Mme Gélinas déclarait sur les ondes d'un réseau de télévision, où un journaliste lui demandait si elle avait l'intention de poursuivre le bureau de la vérificatrice pour congédiement injuste, qu'elle examinait ses options avec l'aide d'un avocat.

Mardi, Mme Fraser annonçait le départ de Mme Gélinas qui partait, selon le bureau de la vérificatrice, «pour relever de nouveaux défis». Or, quelques heures après l'annonce, Mme Gélinas diffusait une déclaration écrite dans laquelle elle se disait «très surprise» de la décision «prématurée» de Mme Fraser de mettre fin à son emploi.

«Je suis encore sous le choc», confiait hier Mme Gélinas en entrevue à RDI, précisant qu'elle avait appris la nouvelle par l'entremise des médias.

L'ex-commissaire refuse elle aussi de donner des détails sur le différend entre elle et Mme Fraser.

Si l'affaire demeure à peu près aussi obscure, ce n'est pas parce que les députés des partis d'opposition n'auront pas essayé de l'éclaircir. Tour à tour, libéraux, bloquistes et néo-démocrates ont questionné la vérificatrice sur sa décision.

Leurs questions, si elles n'ont pas permis de mettre le doigt sur la raison de la mise à pied, auront néanmoins donné un aperçu des raisons à exclure.

Ainsi, autant Mme Gélinas que Mme Fraser soutiennent que le gouvernement conservateur n'est en aucun cas intervenu pour faire pression.

La vérificatrice a aussi spécifié que le départ de Mme Gélinas n'avait rien à voir avec le contenu du dernier rapport ou de tout autre rapport antérieur de la commissaire.

«Si jamais j'avais trouvé qu'on était allé trop loin dans un rapport, le rapport n'aurait pas été publié», a-t-elle mentionné, rappelant que c'est son bureau qui répond de tous les rapports qui sont produits par le Commissaire à l'environnement.