Procréation assistée - Ottawa refuse de rétablir l'équilibre au sein du conseil d'élargir le c.a. pour le rendre plus

Ottawa — Le gouvernement fédéral refuse de nommer trois personnes de plus au conseil d'administration de la nouvelle agence Procréation assistée Canada pour y inclure des usagers des nouvelles technologies de fertilisation. Ottawa estime que la composition du conseil est adéquate mais se réserve le droit de la modifier plus tard, si nécessaire.

«Nous croyons que le conseil d'administration est plus que prêt à honorer ses responsabilités», a indiqué hier Erik Waddell, le porte-parole du ministre de la Santé. «Mais pour ce qui est des trois places restantes, si le besoin s'en fait sentir, nous les comblerons.»

Les critiques se sont multipliées au cours des derniers jours sur la composition de cette agence fédérale, dont le mandat consiste à encadrer les cliniques de fertilité du pays et la recherche dans le domaine des cellules souches. Outre que certains des membres sont critiqués pour leurs positions sur l'avortement ou l'inviolabilité de l'embryon humain jugées trop conservatrices, on reproche au gouvernement fédéral de n'avoir désigné aucun représentant des médecins spécialisés dans le domaine et de couples infertiles. Dix personnes ont été nommées à cette agence sur une possibilité de 13.

«Le mot clé absent, ici, est "personnelle" comme dans expérience personnelle, perspective personnelle», s'est plaint hier Danny Roth, un jeune homme ayant eu recours, avec sa conjointe, à la procréation assistée. Participant à une conférence de presse au côté de deux députés libéraux, il a demandé à ce que ces trois places restantes soient comblées par des gens dans sa situation.

Au bureau du ministre de la Santé, M. Waddell a laissé entendre que certaines des personnes nommées répondaient à ce critère. «Il y a des gens au conseil qui ont vécu des expériences de première main.» Il n'a pas voulu aller plus loin.

Comme le rapportait Le Devoir hier, une des 10 personnes nommées, Suzanne Rosell Scorsone, avait été rejetée par le groupe d'experts mandaté pour trier les candidatures reçues. M. Waddell confirme qu'en arrivant au pouvoir, les conservateurs ont demandé à revoir certaines candidatures. «Nous avons décidé de rouvrir le processus pour recevoir plus de candidatures. Certaines personnes nommées proviennent de la première cuvée et d'autres, de la seconde.» Pourquoi? «Nous n'étions pas certain à ce moment qu'il y avait une expertise et une perspective adéquate dans les candidatures.»
1 commentaire
  • Henri-Bernard Boivin - Abonné 12 janvier 2007 09 h 30

    Cette agence a-t-elle des dents?

    Il faudrait rappeler au lecteur le rôle exact de cette agence pour qu'on puisse juger de l'importance de la composition de son conseil d'administration. Est-ce de surveiller l'application d'une loi existante ou de proposer des modifications aux lois ou quoi exactement? La loi actuelle permet-elle d'éliminer des embryons à des fins thérapeutiques? Si oui, l'agence peut-elle changer cela? En somme votre article suscite chez moi beaucoup de questions, mais ne me fournit pas beaucoup de réponses...Lorsque vous avez écrit votre article, vous avez supposé que votre public était aussi bien informé que vous, mais je ne suis pas sûr que ce soit le cas. Du moins, je vous avoue humblement mon ignorance en cette matière.

    Henri-B. Boivin