Pelletier préfère une «nation» à une «province»

Québec — Le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, n'aime pas le vocable «province» pour désigner le Québec. Mais il n'est pas prêt à adopter celui d'«État autonome du Québec» que propose l'Action démocratique du Québec. «Ça sonne vieille république qui a fait partie de l'URSS», a souligné, hier, Benoît Pelletier au Devoir. Dans son programme électoral, l'ADQ réitère sa volonté de changer le nom de la province de Québec et d'adopter celui d'État autonome du Québec dans une future constitution québécoise. Le terme «province» dérange aussi le ministre. «Tout à fait. Autant. J'aime mieux le terme nation», a-t-il dit en riant.

Benoît Pelletier s'est montré très critique de la position constitutionnelle de l'ADQ. «Je note encore que M. Dumont nourrit l'ambiguïté. Sa position n'est ni fédéraliste, ni souverainiste», estime-t-il. Il s'agit d'une «troisième voie» qui n'existe vraisemblablement pas. «Son programme est franchement amateur», juge le ministre.

En outre, le projet adéquiste de rédiger une constitution pour le Québec est prématuré. Un débat entourant la rédaction de cette constitution serait long, et un consensus, difficile à atteindre. «Ce n'est pas le meilleur moment» pour le tenir, a fait observer Benoît Pelletier. Il vaut mieux «faire preuve de solidarité, se serrer les coudes pour être encore plus fort que jamais face à Ottawa pour faire évoluer le fédéralisme canadien [...] dans le sens d'un fédéralisme qui respecte davantage l'identité profonde du Québec», a-t-il dit.

Quant à la volonté de l'ADQ d'instaurer la citoyenneté québécoise, ce n'est qu'un moyen d'attirer «les souverainistes mous», croit-il. «C'est quoi le rêve qu'il [Mario Dumont] fait miroiter si c'est purement symbolique?»
4 commentaires
  • Roger Rousseau - Inscrit 20 décembre 2006 09 h 29

    Nation, province, souverainiste

    Amusons-nous à jouer avec ces mots magiques, durant ce temps les enfants grandissent,le temps passe et rien ne se fait. Je suis né en 1918 j'ai participé à moult mouvements nationalistes et nous en sommes rendus au même point de départ en 1945. Serait-il enfin né notre divin Messie?

  • Richard DÉCARIE - Inscrit 20 décembre 2006 11 h 27

    Comme Stehen Harper, Mario Dumont est un leader naturel

    Le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, a bien raison de ne pas aimer le vocable "province" pour désigner le Québec. Cependant, malheureusement pour lui, son gouvernement en toujours un provincial ! M. Pelletier reproche l'excellent positionnement stratégique d'"État autonome du Québec" de l'Action démocratique du Québec, traitant son programme (campagne électorale oblige !) de "franchement amateur".

    À l'instar de Stephen Harper, Mario Dumont a le sens de la symbolique... marque distinctive des véritables leaders politiques. La reconnaissance (bien qu'embryonnaire) de la "nation québécoise" par un gouvernement légitimemement élu à Ottawa est effectivement symbolique. Elle représente cependant un jalon important d'un long processus pacifiste de reconnaissance officielle entrepris par nos ancêtres Canadiens-Français.

    M. Pelletier est un éminent constitutionaliste du Québec et fait partie de la génération de politiciens (incluant mario Dumont) qui auront le privilège et l'honneur de participer à la rédaction de la première constitution de l'État du Québec, reconnaissant notamment la citoyenneté québécoise. J'invite donc M. Pelletier à faire preuve de retenue face à un verbiage électoral opportuniste qui lui sied mal et qui ne sert aucunement le Québec.

    Richard Décarie
    Montréal

  • Claude L'Heureux - Abonné 20 décembre 2006 15 h 18

    De la hauteur, s.v.p.

    C'est vraiment faire preuve de partisannerie primaire que de traiter un autre politicien d'amateuriseme sur une question aussi importante que celle de notre avenir politique dans un pays qui n'en finit plus de tergiverser et de finauder. Pour monsieur Pelletier "ce n'est pas le meilleur moment" pour tenir un débat sur un projet de constitution alors que Québec peine à intégrer "dans la nation québécoise" les nouveaux arrivants sur son territoire.

    Je partage donc l'opinion de monsieur Décarie sur la citoyenneté et j'espère que monsieur Boisclair en fera autant, avec de la hauteur, pour réclamer une constitution. J'attend la même attitude de madame David.

    Quand à la "solidarité" de monsieur Pelletier, face à Ottawa, alors que nous faisons face à des gouvernements minoritaires favorables pour des modifications à la constitution, il est plus que temps pour les libéraux de faire bloc avec le... Bloc pour que ça aboutisse ou que l'on quitte ce pays: c'est à nous, maintenant de demander "What does Canada wont"?

  • Maurice Monette - Inscrit 20 décembre 2006 21 h 32

    Revenir à la vérité historique

    Après tant de temps perdu et d'argent investi en frais juridiques pour finalement toujours demeurer dans une AMBIVALENCE perpétuelle quant à ce que veut dire le terme "NATION", pourquoi ne pas simplement ajouter à ce terme le mot "INITIALE"...?

    En effet, si NOUS parlions de la "NATION INITIALE" pour désigner ce qu'HISTORIQUEMENT est le QUÉBEC dans ce CANADA UNI, plus aucun argument ne pourrait servir à dénigrer ce qu'est vraiment l'ENTITÉ qu'est ce territoire QUÉBÉCOIS par rapport aux autres provinces du PAYS. Le QUÉBEC ayant été la partie du PAYS où TOUT a commencé pour ce qui a fini par devenir le CANADA alors, personne ne peut renier cette VÉRITÉ HISTORIQUE et les "politicailleux" n'auraient plus d'argument pour faire perdurer un "NOEUD d'HARTMANN" ou "une discussion sans fin" sur une "VÉRITÉ de LA PALLICE". CELLE-CI se sert finallement qu'à enrichir les AVOCATS et les CONSTITUTIONNALISTES qui agissent ainsi pour avoir une raison d'être dans ce problème qui n'en est pas un...

    Donc, la "NATION INITIALE" de ce qui a fini par devenir le CANADA, n'est-ce pas là la VÉRITÉ de ce qu'est le QUÉBEC par rapport au reste du PAYS...?