Éventuelle motion du Bloc québécois sur l'Afghanistan - Dion n'aidera pas Duceppe à défaire Harper

Stéphane Dion a fait de Michael Ignatieff son bras droit en le nommant leader adjoint.
Photo: Clément Allard Stéphane Dion a fait de Michael Ignatieff son bras droit en le nommant leader adjoint.

Québec — Stéphane Dion rejette du revers de la main la suggestion du Bloc québécois de défaire le gouvernement minoritaire de Stephen Harper en mettant en cause la mission canadienne en Afghanistan.

De passage à Québec hier, le nouveau chef du Parti libéral du Canada (PLC) a dit «ne pas comprendre la position du Bloc» qui a menacé la semaine dernière de faire tomber le gouvernement fédéral à moins qu'il ne modifie «rapidement et profondément» la nature de l'intervention du Canada en sol afghan.

Le leader bloquiste Gilles Duceppe soutient qu'Ottawa doit «rééquilibrer» la mission en faveur de la reconstruction des infrastructures du pays.

En point de presse, M. Dion a fait comprendre qu'il n'avait pas l'intention d'appuyer une éventuelle motion bloquiste de censure sur cette question, du moins à court terme.

«Il ne m'apparaît pas très utile de vouloir faire tomber le gouvernement sur cette question-là en février comme le propose M. Duceppe. Je ne crois pas que ce soit la meilleure façon d'améliorer la mission», a-t-il affirmé.

Du reste, le chef libéral soupçonne Gilles Duceppe d'utiliser la mission afghane comme un simple prétexte pour précipiter le pays en élection sans donner la chance au Parti libéral de s'arrimer avec sa nouvelle direction.

«Je ne crois pas que l'objectif de M. Duceppe soit autant l'Afghanistan que sa volonté d'aller en élection avant que le PLC s'organise», a-t-il analysé.

Reste que le chef libéral est insatisfait de la tournure des événements en Afghanistan, où les troupes canadiennes sont engagées dans des combats presque quotidiens avec les insurgés talibans. S'il prend le pouvoir, le Parti libéral «proposera» aux Canadiens une mission «qui a plus de chances de réussir» que celle en cours, a-t-il promis.

Mais d'ici là, il juge préférable de ne pas «renoncer à la mission», tant et aussi longtemps que «nous n'aurons pas utilisé tous les moyens» pour assurer son succès.

Par ailleurs, comme il s'y était engagé, M. Dion a offert «un rôle important» à Michael Ignatieff, son adversaire défait dans la course à la direction du parti.

M. Ignatieff assumera dorénavant le rôle de leader adjoint au sein du PLC.

«Nous aurons une équipe de rêve à présenter aux Canadiens et dans cette équipe, mon rêve était d'avoir Michael Ignatieff le plus près de moi possible», a commenté M. Dion, aux côtés de son nouveau bras droit.

Ce dernier a résumé ainsi ses nouvelles fonctions: «faire reculer les forces bloquistes, faire reculer les bleus et faire une percée rouge dans la région de Québec».

Le chef libéral annoncera également aujourd'hui à Toronto des «rôles très importants» pour les autres candidats défaits.