Sommet de l'APEC - Harper tient la presse à distance

Hanoï — Le premier ministre Stephen Harper a rencontré un nouveau partenaire économique du Canada et un de ses alliés naturels hier au Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC), à Hanoï, au Vietnam.

Il a d'abord pressé son vis-à-vis vietnamien, Nguyen Tan Dung, de respecter les droits de la personne dans son pays, pour ensuite partager le souper avec le premier ministre de l'Australie, John Howard.

M. Harper a toutefois gardé le silence sur les dossiers chauds du Canada, refusant de commenter la crise de l'eau potable à Vancouver ou la présumée demande américaine à la marine canadienne d'arraisonner les navires en provenance ou à destination de la Corée du Nord.

Le personnel de M. Harper a bloqué l'accès aux journalistes à la plupart des activités auxquelles il participait à Hanoï.

Ainsi, bien que le souper à l'ambassade australienne avec Mmes Harper et Howard eut été privé, les médias australiens étaient admis au mot de bienvenue, mais pas les médias canadiens.

M. Harper profite de sa première visite en Extrême-Orient pour s'entretenir avec des dirigeants de la région. Une rencontre entre M. Harper et le président chinois Hu Jintao est toujours possible mais reste à confirmer.

Toutefois, en début de journée hier, il a rencontré son homologue vietnamien, Nguyen Tan Dung. Il a évoqué les liens commerciaux de plus en plus forts entre les deux pays. Les exportations canadiennes dans ce pays de l'Asie du Sud-Est ont augmenté de 84 % entre 2004 et 2005.

«Il s'agit de mon premier séjour dans cette partie du monde», a dit M. Harper à son vis-à-vis. «Mon frère fait des affaires au Vietnam. Je suis donc au courant de la croissance des échanges entre nos deux pays.»

Des responsables canadiens ont par la suite confié aux journalistes que le chef conservateur, au cours de la partie privée du tête-à-tête, avait lié les questions du respect des droits de la personne à la hausse des échanges commerciaux.

M. Harper a expliqué à M. Nguyen que l'ouverture économique allait de pair avec les droits politiques et sociaux, notamment la liberté de la presse. De même, il a fait référence à plusieurs cas de dissidents emprisonnés par le gouvernement vietnamien, notamment un homme détenu à la suite d'un témoignage au Congrès américain sur les droits de la personne dans son pays.

Le Vietnam a été critiqué pour ses persécutions religieuses, menées particulièrement contre des bouddhistes et des chrétiens, et pour ses rafles contre des journalistes et des éditeurs.

M. Harper a toutefois refusé de rencontrer les journalistes canadiens. En contrepartie, les déclarations des dirigeants néo-zélandais, américains, australiens et d'autres pays de l'APEC étaient diffusées et tout à fait accessibles.