Une autre preuve du déséquilibre fiscal

Québec - Dans sa mise à jour économique et financière, le ministre fédéral des Finances, John Manley, fait la preuve éclatante de l'existence du déséquilibre fiscal.

C'est la lecture qu'a faite, hier, la vice-première ministre et ministre d'État à l'Économie, aux Finances et à la Recherche, Pauline Marois, des prévisions financières dévoilées par M. Manley. «M. Manley fait exactement la preuve que nous avions raison sur le déséquilibre fiscal avec les surplus qu'il annonce», a dit Mme Marois.

Non seulement le gouvernement fédéral affichera des surplus toujours croissants au cours des cinq prochaines années, mais ces surplus dépassent de plus du double l'évaluation qu'en avait faite le Conférence Board du Canada pour le compte des provinces dans la foulée de la Commission Séguin sur le déséquilibre fiscal.

Ainsi, selon les données rendues publiques par M. Manley, le gouvernement fédéral récoltera des surplus totalisant 49,4 milliards en cinq ans, «avant provisions pour prudence». Sur la même base, le Conference Board, qui a utilisé manifestement des hypothèses plus conservatrices, a calculé qu'Ottawa dégagera des surplus s'élevant à 22 milliards d'ici 2006-07. Dans sa mise à jour, M. Manley retranche de ses surplus une réserve pour éventualités de 3 milliards par année, soit 15 milliards en cinq ans, et soustrait une autre somme de 9,5 milliards à titre de réserve si la croissance économique s'avère plus faible que prévu. Or, depuis que ces réserves existent, elles sont toutes venues gonfler les surplus pour être ensuite appliquées à la réduction de la dette fédérale.

M. Manley a prévu un réinvestissement en santé, «une nouvelle intéressante», selon Mme Marois, qui voudrait toutefois que le gouvernement fédéral respecte les compétences du Québec. «Il propose d'aller intervenir dans des champs de responsabilité des provinces que ce soit en santé ou en infrastructures municipales», a fait remarquer la vice-première ministre.