Conférence de Nairobi - Un projet d'entente prévoit un scénario pour stabiliser le climat à long terme

Malgré les traditionnels blocages qui surviennent systématiquement à la veille des conclusions des négociations internationales sur le climat, la conférence de Nairobi semblait devoir déboucher hier sur un scénario de discussions dès l'an prochain en vue de déterminer des objectifs de réduction des gaz à effet de serre pour la période 2013-20.

C'est ce qu'affirmaient différentes sources à Nairobi hier, alors que circulait un projet d'entente qui prévoit le dépôt en février prochain de scénarios de négociations de la part des différents pays. Ces propositions seraient discutées lors d'une rencontre en mai et elles porteraient alors sur la manière de définir les objectifs de réduction des GES que devraient assumer les 35 pays occidentaux de l'annexe B du protocole de Kyoto. Ces pays ont convenu de réduire pendant cinq ans en moyenne leurs émissions de GES à 5,2 % sous le niveau historique de 1990.

Le scénario arrêté hier, et qui devrait être soumis à l'assemblée générale de la conférence aujourd'hui même, prévoit d'établir un objectif de stabilisation du climat à long terme. La date de 2050 est celle qui revient le plus souvent. Une fois cette date arrêtée, les organismes scientifiques de l'ONU, comme le Groupe d'experts intergouvernemental sur le climat (GIEC), seraient appelés à produire par voie de régression un modèle qui définirait les objectifs de réduction à atteindre entre 2013 et 2018, ou possiblement jusqu'en 2020. Une fois ces réductions globales définies, il resterait à les répartir entre les pays qui participent à l'effort de réduction actuel. On évoque généralement des réductions allant de 18 à 30 % sous la barre de 1990.

Les groupes environnementaux étaient plus ou moins satisfaits de l'aboutissement de ces pourparlers, car il ne comporte pas d'échéancier de négociation. Mais plusieurs se disaient rassurés par le fait qu'on enclencherait un processus de réductions sur une base scientifique, ce qui pourrait accélérer les choses en définitive.

D'autre part, les pourparlers étaient beaucoup moins avancés hier sur la renégociation du protocole lui-même (article 9). Plusieurs parlaient même d'un véritable blocage, mais les plus aguerris n'y voyaient que la résistance habituelle dans la phase ultime des pourparlers, là où chacun essaie de repousser le moment où il devra faire des concessions.

L'essentiel des résistances se concentrait du côté de la Chine, de l'Inde et de l'Arabie Saoudite. Ces pays redoutent une renégociation majeure du protocole, qui remettrait en question le principe de la responsabilité différenciée. C'est l'application de ce principe qui fait en sorte que les réductions de GES obligatoires se limitent aux pays de l'annexe B, soit les responsables historiques du réchauffement climatique. Si ces principes devaient être révisés, plusieurs pensent que les pays émergents pourraient faire face à des obligations qu'ils craignent d'assumer, voulant plutôt s'en tenir à des mesures volontaires et profiter des transferts technologiques de la part des pays industrialisés.