Mercure dans les sols des futurs réservoirs de la rivière Rupert - Hydro-Québec conteste les conclusions des écologistes

Hydro-Québec a attaqué hier les «conclusions» des groupes environnementaux qui prévoient une contamination plus importante que prévu dans les futurs réservoirs hydroélectiques de la dérivation de la rivière Rupert, à la baie James.

Selon le communiqué émis tard hier après-midi par la société d'État, certes le taux de mercure augmentera dans l'eau des réservoirs après leur mise en eau, et cela, durant une longue période pouvant aller de 20 à 30 ans. Mais, affirme le porte-parole d'Hydro-Québec, Sylvain Théberge, «le taux de mercure augmente temporairement sans lien avec le taux de mercure présent dans les sols», contrairement à ce qu'affirment les groupes écologistes.

La société d'État conteste par ailleurs les résultats des tests de concentration de mercure réalisés par le Sierra Club et la Fondation Rivières, qu'elle qualifie de «non pertinents», tout comme elle conteste les «conclusions que le Sierra Club en tire».

Pour le porte-parole du Sierra Club, Daniel Green, la littérature scientifique récente indique qu'il y a un lien entre les concentrations de mercure des sols noyés dans les nouveaux réservoirs, car, à long terme, dit-il, les bactéries le transforment ou le méthylisent pour le renvoyer dans la «colonne» d'eau.

Pour Hydro-Québec, c'est faux, car les bactéries s'attaquent «aux matières végétales submergées comme les feuilles, les aiguilles, les mousses et l'humus recouvrant le sol. Le tout se résume donc à la couche qui couvre le sol et qui n'est pas déjà décomposée».

Le communiqué d'Hydro-Québec ne porte que sur le risque de contamination des poissons, un problème que la société d'État affirme contrôler par des suivis systématiques afin que les utilisateurs de ces plans d'eau réduisent leur risque d'intoxication.

Aux écologistes qui demandent à la société d'État de réaliser un inventaire exhaustif du mercure des sols des futurs réservoirs, Hydro-Québec réplique qu'elle a fait des «inventaires exhaustifs des matières décomposables et basé ses prévisions sur ceux-ci».

De son côté, le chercheur Michel Parent, de Ressources naturelles Canada, a tenu à préciser hier au Devoir qu'il n'avait jamais suggéré de décaper le fond des futurs réservoirs pour y réduire les teneurs en mercure, contrairement à ce qu'a affirmé l'écologiste Daniel Green.

Les propositions de Ressources naturelles Canada aux audiences, a précisé M. Parent, visaient à faire en sorte que des «travaux de caractérisation géochimiques soient effectués et que des mesures d'atténuation du problème de la remobilisation du mercure soient évaluées et présentées par les promoteurs de projets hydroélectriques, que ce soit au Québec, au Manitoba, à Terre-Neuve ou ailleurs. L'objectif recherché est que les projets hydroélectriques soient les meilleurs possibles au plan environnemental».