Justin Trudeau, le spectateur

Ottawa — Justin Trudeau, le fils de l'ancien premier ministre du Canada, peut bien commenter la course au leadership libéral et les résolutions soumises à la réflexion de ses membres, mais il n'aura pas droit de regard sur ce qui se produira à Montréal dans deux semaines. Le fils de Pierre Elliott Trudeau ne sera au Palais des congrès qu'à titre d'observateur, sans droit de vote.

M. Trudeau fait beaucoup parler de lui dans les cercles libéraux depuis sa sortie en entrevue avec Dominique Poirier, à Radio-Canada, lundi soir. Il s'en est pris au jugement du meneur de la course, Michael Ignatieff, et à tous ceux qui tentent de faire adopter une motion reconnaissant le Québec comme une nation. Il dit souhaiter l'élection de Gerard Kennedy ou Stéphane Dion comme futur chef libéral.

Mais voilà, M. Trudeau n'aura pas droit de vote au congrès. Il n'a pas été élu comme délégué d'un des aspirants chefs et ne jouit pas non plus du statut de délégué d'office, réservé aux députés, sénateurs, présidents de circonscription, candidats défaits, ex-chefs et membres de l'exécutif national du PLC. Il assistera donc au spectacle, sans plus.

«Il est seulement un observateur, pas un délégué», confirme une source au PLC. M. Trudeau n'a pas donné suite aux appels du Devoir hier.

Le fils de l'ancien premier ministre a secoué la scène politique, et fait enrager l'équipe de Michael Ignatieff, en y allant de ses commentaires sur les qualités de l'universitaire, que plusieurs comparent à son père. «Une grande différence entre Ignatieff et mon père, c'est au niveau de la force de son jugement, a-t-il déclaré sur les ondes de la SRC. Avec Ignatieff, il est un peu partout des fois. Il dit ceci, il dit cela, il se contredit parfois. Il n'a pas la clarté que mon père a pu avoir.» Il estime que Michael Ignatieff, «c'est pas quelqu'un qui a la sagesse nécessaire».

Il a aussi dit que la reconnaissance formelle de la nation québécoise «n'est pas nécessaire». «On a cette mentalité que, si les Anglais ne nous reconnaissent pas, on n'existe pas. Bon Dieu! Il faut passer à autre chose!»