Nairobi: Béchard se sent boudé par Ambrose

Québec — Le Québec se sent totalement exclu par Ottawa, à la conférence des Nations unies sur les changements climatiques, qui se tient à Nairobi, au Kenya.

Déjà chargé de nuages noirs avant le départ, le climat entre Québec et Ottawa n'a fait que s'assombrir un peu plus sous le ciel d'Afrique, au point où les deux capitales y font chambre à part.

Le ministre québécois du Développement durable, Claude Béchard, avait pourtant été invité en bonne et due forme à accompagner son homologue fédérale, la ministre Rona Ambrose, à cet événement international, censé préciser l'échéancier sur les suites à donner au protocole de Kyoto après 2012.

Mais, malgré des demandes répétées au cours des dernières semaines, le Québec ne sait rien de la position qui sera défendue officiellement aujourd'hui par Mme Ambrose devant les représentants de 188 pays et n'a jamais été consulté, contrairement à ce qui avait été prévu.

De plus, à Nairobi, aucune rencontre n'a eu lieu entre les deux ministres et aucune n'est prévue d'ici la fin de l'événement.

Comme si ce n'était pas suffisant, le Québec n'a pas été invité aux activités organisées par la délégation canadienne durant la semaine.

«C'est assez particulier», a commenté M. Béchard, qui ne semblait pas en revenir de l'attitude du gouvernement fédéral, lors d'un entretien téléphonique à la Presse canadienne hier, depuis Nairobi.

Chose certaine, l'agacement éprouvé par M. Béchard envers le gouvernement fédéral est, plus que jamais, réciproque.

Une source bien placée au sein du gouvernement Harper contredit sa version des faits et prétend que M. Béchard avait été invité à une rencontre hier, mais que ce dernier a décliné l'offre.

On dirait que «M. Béchard a quelque chose à prouver» et qu'il veut créer un climat de «compétition inutile» avec Ottawa en démontrant qu'il est plus «vert» que Mme Ambrose, déplorait au cours des derniers jours une autre source gouvernementale de la capitale fédérale qui a requis l'anonymat.

Pendant ce temps, à Nairobi, le gouvernement canadien se réserve les activités officielles, tandis que, dans les corridors, celui du Québec vante les mérites de son plan vert à d'autres gouvernements, tout en tissant des liens avec le Bloc québécois et les groupes écologistes, «qui nous donnent des tribunes pendant toute la semaine pour parler de notre plan», a dit M. Béchard.

Si le ministre québécois du Développement durable voulait indisposer Ottawa, lundi, en s'assoyant à la même table que le député bloquiste Bernard Bigras et le député libéral fédéral John Godfrey, lors d'une conférence de presse à Nairobi, c'est réussi, car sa présence a fait écarquiller bien des yeux dans la capitale fédérale, indique-t-on.