Aucun retour possible avec les conservateurs - Turner tentera sa chance à titre d'indépendant

Garth Turner a exclu tout retour possible avec les conservateurs, mais il ne sera pas davantage le premier député du Parti vert.
Photo: Agence Reuters Garth Turner a exclu tout retour possible avec les conservateurs, mais il ne sera pas davantage le premier député du Parti vert.

Ottawa — Le député fédéral indépendant Garth Turner, expulsé du caucus conservateur le 18 octobre dernier, a déchiré sa carte de membre du Parti conservateur (PC) et entend se présenter comme candidat indépendant lors du prochain scrutin. Il estime que le Parlement a besoin de plus de députés qui échappent au contrôle étouffant des partis politiques. Garth Turner avait promis des détails croustillants sur le PC, mais il n'a rien révélé de concret hier.

En conférence de presse à Ottawa, Garth Turner a expliqué qu'il n'avait pas l'intention, à court terme, de devenir le premier député du Parti vert aux Communes. Il n'écarte pas la possibilité de rejoindre les rangs des verts un jour, mais pas dans un «futur prévisible». «C'est Élizabeth May [la chef du Parti vert] qui doit être la première élue des verts. Elle le mérite. Je vais donc faire campagne avec elle demain [aujourd'hui] dans London-Centre, pour l'élection partielle», a-t-il dit.

Grand pourfendeur des transfuges qui changent de parti politique sans avertissement, Garth Turner estime qu'il ne pourrait pas passer chez les verts sans s'être d'abord présenté dans une élection partielle ou un scrutin général avec ses nouvelles couleurs. Une question de respect des électeurs, dit-il.

Une chose est toutefois certaine, il n'a pas l'intention de réintégrer les forces conservatrices. «Je quitte le parti. Ce n'est pas facile à faire, j'ai été un conservateur toute ma vie», dit-il, rappelant qu'il a été élu pour la première fois en 1988 sous la bannière progressiste-conservatrice de Brian Mulroney. «Je ne vais pas me sauver. Je vais rester un député indépendant et je vais me présenter comme indépendant à la prochaine élection», a-t-il ajouté. Le Parti conservateur a déjà signalé à l'exécutif du comté de Halton, en Ontario, que Garth Turner ne pouvait plus se présenter sous les couleurs du PC.

Garth Turner part en croisade contre «l'arrogance» des partis politiques en général et le «boys club» du Parti conservateur en particulier. Selon lui, les députés ne devraient pas être tenus en laisse par les dirigeants des formations politiques, qui leur dictent leurs moindres faits et gestes. Il estime surtout que le Parti conservateur va trop loin en contrôlant les déclarations des députés en Chambre, dans les comités et lors de la période de questions. L'interdiction de parler aux médias et l'absence de vote libre (malgré la promesse faite par le PC lors de la campagne électorale) lui font dire que la démocratie est mal en point au sein du Parti conservateur. «La moindre dissension n'est pas permise et ça m'inquiète», dit-il. «Les députés devraient pouvoir d'abord servir ses citoyens et ensuite leur parti. Ce n'est pas le cas actuellement.»

Selon lui, «la tête du Parti conservateur n'est plus à l'écoute de la base». Il ne veut pas faire du «Harper bashing», mais plutôt lancer un mouvement visant à transformer la Chambre des communes. Garth Turner estime qu'il faut «plus de députés indépendants qui n'ont pas peur de dire ce qu'ils pensent». Il a d'ailleurs déjà rencontré quelques députés de tous les partis pour leur soumettre l'idée de devenir des élus indépendants. «Certains semblent intéressés, car il y a beaucoup de frustrations. On verra», se contente-t-il de dire.