Garth Turner règle ses comptes avec les conservateurs

Ottawa — Le député conservateur ontarien Garth Turner, expulsé de son caucus par ses collègues le mois dernier, réglera aujourd'hui ses comptes avec le parti qu'il dit ne plus vouloir réintégrer. Au menu, le coloré parlementaire promet des révélations croustillantes, mais son passage hypothétique au Parti vert est remis à plus tard.

À la suite de son expulsion il y a trois semaines, M. Turner avait soumis une liste de 10 questions au Parti conservateur et attendait une réponse pour décider de son avenir. Les réponses — en apparence déplaisantes — sont rentrées vendredi dernier, et il en dévoilera la teneur aujourd'hui.

«L'événement est assez important pour faire le voyage aller-retour vers Ottawa alors que le Parlement est ajourné et que les députés vaquent à leurs occupations dans leurs circonscriptions», écrit M. Turner sur son blogue.

M. Turner a fait une croix sur un retour au bercail conservateur de même que sur une démission de la Chambre des communes. «Ma bataille n'est pas pour réintégrer le caucus. Cette question est close. [...] Il ne s'agit pas non plus de ma réélection, même si j'aurai des nouvelles à ce sujet.» Puis il conclut par cette tirade. «Je suis trop têtu pour changer d'avis. Trop vieux pour être intimidé. Trop expérimenté pour être impressionné. Trop blasé pour être piégé. Trop arrogant pour être effrayé. Trop imbu de moi-même pour être menacé. Et trop emmerdé pour démissionner.»

M. Turner jongle toujours avec la possibilité de se joindre au Parti vert. La leader, Elizabeth May, a assuré au Devoir hier soir qu'elle ne savait rien de ce que M. Turner allait annoncer. «Je crois que cela aura davantage à voir avec le Parti conservateur qu'avec le Parti vert.»

En passant chez les verts, Garth Turner changerait le paysage politique à Ottawa. Non seulement deviendrait-il le premier député vert canadien, mais il permettrait à Mme May de participer aux débats télévisés pendant les élections.