La Saskatchewan pourrait manquer d'eau à cause des sables bitumineux

Nairobi, Kenya — L'exploitation des sables bitumineux de l'Alberta requiert une telle quantité d'eau que la Saskatchewan et les Territoires du Nord-Ouest pourraient à terme manquer d'eau potable, affirme une étude rendue publique à Nairobi, dans le cadre de la Conférence des Nations unies sur le climat.

L'étude, effectuée par la Sage Foundation et le Fonds mondial de la nature, section Canada, précise que la majorité de l'eau utilisée pour l'extraction du pétrole des sables bitumineux ne retourne pas dans le bassin du fleuve Mackenzie.

L'eau utilisée dans le processus d'extraction provient de la rivière Athabasca, un affluent du Mackenzie. L'Alberta prélève jusqu'à 359 millions de mètres cubes d'eau de la rivière par année, soit deux fois la quantité d'eau utilisée par la ville de Calgary.

L'étude prévoit par ailleurs une augmentation de 50 % des prélèvements dans l'Athabasca pour mener à bien les nouveaux projets d'exploitation de sables bitumineux.

Or, affirment les groupes environnementaux, le niveau de l'Athabasca est déjà à la baisse à cause du réchauffement climatique. Ainsi, le débit de la rivière aurait diminué de près de 20 % entre 1958 et 2003.

«L'impact combiné de l'exploitation des sables bitumineux et des changements climatiques aura des conséquences sérieuses en dehors des régions exploitées», ajoute l'étude, qui signale l'urgence pour les provinces et les territoires qui s'approvisionnent dans le bassin du Mackenzie de négocier des ententes fermes sur le partage de l'eau.

«Le taux projeté d'utilisation d'eau de la rivière Athabasca pour l'exploitation pétrolière ne pourra pas être maintenu. Il n'y aura pas assez d'eau pour satisfaire à la fois l'exploitation pétrolière, les autres applications industrielles, l'agriculture, les municipalités et l'environnement», affirme l'étude, qui propose un moratoire sur tous les nouveaux projets d'exploitation de sables bitumineux tant que le problème d'approvisionnement en eau n'aura pas été résolu.

Plus d'un million de barils de pétrole par jour ont été extraits des sables bitumineux en 2005, et l'étude prévoit que cette richesse sera épuisée vers le milieu du siècle.