Conférence de Nairobi - Rona Ambrose se dit prête à collaborer avec ses détracteurs

Nairobi, Kenya — La ministre fédérale de l'Environnement, Rona Ambrose, a affirmé hier qu'elle était prête à collaborer avec ses plus ardents détracteurs, l'opposition, le gouvernement du Québec et l'Union européenne, à la conférence sur les changements climatiques qui s'ouvre cette semaine à Nairobi.

Au cours d'une entrevue à l'émission Question Period au réseau CTV, Mme Ambrose ne s'est pas excusée d'avoir répété à plusieurs reprises que le Canada ne pourrait pas atteindre les objectifs fixés par le protocole de Kyoto en matière de réduction des gaz à effet de serre, ce qui revient ni plus ni moins à renier le traité, aux yeux des critiques, même si le gouvernement conservateur ne s'est pas retiré officiellement de sa mise en oeuvre.

«Le Canada adhère au protocole, nous sommes constructifs, mais nous sommes également réalistes, a insisté la ministre. Ce sommet se penche sur ce qui a fonctionné, ce qui n'a pas fonctionné, et ce qui doit être fait.»

La ministre et les représentants de 165 autres pays se réunissent au Kenya cette semaine sous l'égide de la Convention cadre de l'Organisation des Nations unies sur les changements climatiques, afin d'élaborer un plan qui fera suite au protocole.

«J'ai invité les partis d'opposition, ainsi que le ministre [de l'Environnement] du Québec à faire partie de la délégation canadienne, a déclaré Mme Ambrose au cours de l'entrevue. Et la délégation canadienne a un message à transmettre.»

Le ministre québécois, Claude Béchard, sera à Nairobi et a promis de promouvoir le protocole de Kyoto dans les coulisses, tandis que les libéraux fédéraux ainsi que les néo-démocrates en feront tout autant, pendant que Mme Ambrose le démolira.

La ministre a tenté de démontrer une certaine ouverture en acceptant des requêtes de l'opposition concernant son propre plan sur les changements climatiques.

«Je les ai examinées, et certaines sont acceptables, a-t-elle évoqué récemment. Elles feront l'objet de discussions avec nos partenaires internationaux.»

Les cibles

L'ancien gouvernement libéral a adhéré au protocole, même si ses efforts pour le respecter ont été vains, tandis que le gouvernement conservateur a estimé que les objectifs visés par le Canada étaient inatteignables.

La cible de Kyoto pour le Canada était de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 6 % sous le niveau de 1990, d'ici à 2008-2012. Au contraire, les émissions ont augmenté de 27 % dans la période qui s'est terminée en 2004, sous le règne des libéraux.

Les conservateurs se sont plutôt attaqués au smog, avec pour objectif de réduire les émissions polluantes de 45 à 65 % par rapport au niveau de 2003, mais en 2050 seulement. Or, selon un sondage CBC-Environics, 70 % des Canadiens estiment que le gouvernement Harper n'en fait pas assez pour protéger l'environnement.

«Je crois que plusieurs pays partagent une certaine indignation par rapport à l'attitude du Canada en regard de ses obligations», a commenté Matthew Bramley, de l'Institut Pembina. Au nom de l'Union européenne, l'ambassadeur de la Finlande, Pasi Patokallio, a dit que l'Europe des 25 s'attendait à ce que le Canada se conforme à ses obligations.