Marché du climat: Ambrose met le Bloc au défi

Ottawa — La ministre fédérale de l'Environnement, Rona Ambrose, est restée ferme hier aux Communes en ce qui concerne son intention de créer un marché du climat au Canada. Frondeuse, la ministre a même exigé l'appui du Bloc québécois à son projet de loi sur la qualité de l'air, soutenant que, si Gilles Duceppe et son parti tiennent tant à une Bourse du carbone à Montréal, ils n'ont qu'à lui donner le coup de main dont elle a besoin.

Rona Ambrose a tenté de dissiper les derniers doutes sur ses intentions de créer un marché d'échange de crédits de gaz à effet de serre (GES) au Canada. Elle a donc répondu aux questions en Chambre dans les deux langues officielles.

«Nous reconnaissons l'opportunité pour le Canada d'être le meneur avec un marché d'échange du carbone, un marché dirigé par l'industrie qui n'utilisera pas l'argent des contribuables. Ce que je dis, c'est que c'est le mandat du gouvernement du Canada de mettre en place la réglementation nécessaire, et c'est ce que nous allons faire en consultant les provinces», a-t-elle dit en anglais.

La ministre Ambrose a ensuite répété qu'il n'était pas question que le gouvernement achète ou vende des crédits sur ce futur marché. «Nous n'allons pas subventionner ce marché. On ne va pas créer un marché artificiel. Ce marché sera dirigé par l'industrie et régi par les forces du marché», a-t-elle dit.

Faisant face une fois de plus à un véritable barrage de questions sur les intentions du gouvernement, Rona Ambrose a cette fois mis le Bloc québécois au défi d'appuyer son idée. «Le rôle du gouvernement est de mettre en place la réglementation qui permettra d'avoir la possibilité de créer le marché du carbone. Ce que j'attends, c'est un oui du Bloc. Nous avons besoin de la Loi sur la qualité de l'air pour reconnaître certains types de crédits [de GES], ce qui nous permettra d'avoir un marché moderne, flexible et efficace. Je demande aux critiques de lire la Loi sur la qualité de l'air, de venir me parler et qu'on travaille ensemble au comité spécial. Si le Bloc veut un marché du carbone, qu'il nous appuie», a dit la ministre en anglais.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, n'a pas répondu à l'invitation, soutenant à sa sortie de la période de questions que la situation était «encore confuse», notamment sur la date d'entrée en vigueur d'une Bourse du carbone. «On ne peut pas avoir de Bourse sans qu'il y ait des cibles», a-t-il dit. Hier, la ministre Ambrose a répété qu'elle désirait fixer des objectifs «dès l'année prochaine». Reste à voir si ces cibles verront bel et bien le jour rapidement. De plus, le Bloc se dit inquiet que le choix de Montréal ne puisse être confirmé tout de suite. Mais à la Bourse de Montréal, on n'est pas aussi inquiet. «Il n'y a qu'un seul marché de produits dérivés au Canada et il est à Montréal. Or un marché du climat, c'est un produit dérivé», a affirmé au Devoir Jean-Charles Robillard, porte-parole de la Bourse de Montréal.