En bref - Duceppe fait son deuil des 3,9 milliards

Ottawa — Les chances sont presque nulles qu'Ottawa verse 3,9 milliards de plus par année au Québec pour résoudre le déséquilibre fiscal, a reconnu hier le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.

Le leader souverainiste a carrément accusé les gouvernements de Jean Charest et de Stephen Harper d'être de mèche pour réduire les attentes dans ce dossier. «Ils tentent de baisser la barre, c'est ce qu'ils font», a-t-il déclaré en point de presse après une allocution prononcée devant des étudiants en droit de l'Université d'Ottawa. «C'est orchestré, ça. Harper est en train de faire [avec le déséquilibre fiscal] ce qu'ils ont fait avec les fiducies de revenu. Ils ont promis [de ne pas taxer les fiducies] et ils sont revenus sur leur décision. C'est la même chose.» Depuis des mois, le Bloc et le Parti québécois pressent Ottawa d'augmenter les transferts fédéraux de 1,2 milliard et les paiements de péréquation de 2,1 milliards au profit de Québec, sans oublier 270 millions de plus pour les garderies et 400 millions pour la santé. Soit au total 3,9 milliards par année. Le 12 avril dernier, à l'Assemblée nationale, le ministre québécois des Finances, Michel Audet, a déclaré que son gouvernement avait «demandé» 3,8 milliards en hausse de la péréquation et des transferts fédéraux pour le Québec. Or hier, dans une lettre ouverte au quotidien La Presse, M. Audet a soutenu qu'il n'avait «jamais chiffré à 3,9 milliards les demandes du Québec» (ou même 3,8 milliards).