Déséquilibre fiscal: le gouvernement Charest garde espoir

Québec — Le gouvernement Charest garde espoir de voir le problème du déséquilibre fiscal réglé dans le prochain budget fédéral, et ce malgré les déclarations controversées du premier ministre Stephen Harper.

D'ailleurs, au cours des prochaines semaines, Québec et Ottawa auront des «discussions très intenses» en vue d'accélérer les choses, a indiqué hier le ministre des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, lors d'une entrevue à La Presse Canadienne.

«Il y aura une intensification des discussions» entre les deux capitales au cours des prochaines semaines, a-t-il ajouté, disant que l'échéance de février prochain demeurait inchangée, en dépit des déclarations récentes de M. Harper indiquant qu'il était prêt à poursuivre les négociations au-delà de l'échéance prévue du prochain budget, si nécessaire.

Ses propos ont soulevé l'indignation à Ottawa comme à Québec, où le chef de l'opposition, André Boisclair, est venu dire, hier en conférence de presse, que le premier ministre Jean Charest faisait preuve d'«à-plat-ventrisme» devant Ottawa, n'ayant pas de stratégie qui l'amènerait à obtenir gain de cause.

«Combien il réclame? Quelle est sa stratégie? Quels sont les échéanciers?», a demandé le chef péquiste.

Au contraire, Québec maintient sa position et se montre confiant d'en arriver à un règlement d'ici février, réplique le ministre Pelletier.

«On voit le budget [fédéral] comme une étape extrêmement importante dans le règlement du dossier», ajoute-t-il, disant s'attendre à «des résultats» dans ce budget, comme s'y était engagé le premier ministre Harper.

Le prochain budget fédéral devra donc, selon lui, donner «une bonne idée de comment sera réglé le déséquilibre fiscal».

Le dossier est complexe et il n'est pas question pour autant de précipiter les choses, a-t-il fait valoir, car Québec tient à avoir un «bon règlement» qui puisse «tenir la route longtemps».

Au terme de discussions «intenses», Québec attendra donc par la suite une «proposition concrète» de règlement de la part d'Ottawa, qui pourrait englober une réforme du système de péréquation, une bonification des transferts fédéraux et l'évacuation d'un champ fiscal.

«Le gouvernement du Canada a une responsabilité particulière en la matière. On s'attend donc à ce qu'il prenne un certain nombre d'initiatives pour justement arriver à une solution du déséquilibre fiscal», a-t-il dit.

Selon lui, rien dans les propos du premier ministre canadien ne laisse croire que le gouvernement du Québec devrait craindre un recul d'Ottawa.

Quant au consensus dans le dossier souhaité par M. Harper, cela ne pose pas de problème, aux yeux de M. Pelletier, car il n'a pas parlé d'unanimité des provinces.

À ce propos, il rappelle que quatre provinces de même que trois territoires appuient la position du Québec, basée sur une refonte de la péréquation.

De son côté, interrogé à savoir pourquoi il négocierait une solution sur le déséquilibre fiscal alors qu'il s'apprêterait à faire la souveraineté du Québec, au lendemain d'un référendum gagnant, M. Boisclair a répondu qu'il ne se comportera pas «au lendemain de notre élection comme si nous étions un État souverain».

M. Boisclair reproche à son rival Jean Charest de «baisser la barre» sur cette question et de ne jamais dire quel montant minimal serait jugé acceptable par Québec.