Les libéraux évitent de verser dans le triomphalisme

Jean Charest
Photo: Jacques Nadeau Jean Charest

Québec — Le premier ministre Jean Charest «est un chef d'État qui se comporte comme un chef d'État, peu importe les événements», a soutenu hier la ministre de la Culture, Line Beauchamp, pour indiquer que le gouvernement du Québec ne se laisse pas distraire par les sondages, qu'ils soient favorables ou non aux libéraux.

La présidente du comité électoral des libéraux réagissait au plus récent sondage CROP, effectué du 14 au 24 septembre et plaçant le Parti libéral du Québec (PLQ) et le Parti québécois (PQ) à égalité avec 37 % d'appuis chacun, après répartition des indécis.

Malgré une croissance appréciable du nombre d'électeurs prêts à appuyer sa formation politique après trois années de vaches maigres, Mme Beauchamp se garde bien de faire preuve de triomphalisme.

«Notre enthousiasme ne se mesure pas aux résultats de sondages qui, mois après mois, trimestre après trimestre, année après année, sont bien sûr fluctuants», a dit la ministre en marge d'une conférence de presse.

Par le passé, le gouvernement ne s'est pas laissé influencer par les sondages et ne changera pas sa façon de faire à l'avenir malgré la proximité de l'échéance électorale, a-t-elle assuré.

La seule préoccupation du gouvernement consiste à «faire les bons choix», a-t-elle dit, se montrant fort réticente à commenter les sondages.

L'important, c'est de constater que «les choses vont bien au Québec. Les choses vont mieux, et je pense que le gouvernement du Québec a eu son influence dans le fait que les choses vont mieux», a dit celle qui présidera le comité électoral du PLQ lors du prochain scrutin.

«C'est l'ensemble de l'oeuvre du gouvernement qui sera évalué. Ce n'est pas le sondage de ce mois-ci ou du mois dernier», a pour sa part indiqué le ministre des Transports, Michel Després.

Au Parti québécois, le député de Drummond, Normand Jutras, a estimé que la population ne se laissera pas berner par les «prétendues annonces» du gouvernement, qui ont pu influencer les résultats du sondage.

Il prédit que «les Québécois ne se laisseront pas acheter leur vote par des bonbons électoraux».

M. Jutras ne voit dans ce sondage aucun message négatif à l'endroit du chef péquiste André Boisclair, même s'il perd davantage de plumes à chaque nouveau coup de sonde depuis son élection à la tête du parti, en novembre 2005.

Quant à lui, le chef de l'Action démocratique, Mario Dumont, soutient que les Québécois sont «mêlés», ne sachant plus trop pour qui voter.

«Les Québécois aujourd'hui sont complètement mêlés» et ne savent pas ce qu'ils vont faire, a dit M. Dumont lors d'un point de presse.

Selon lui, les électeurs veulent se débarrasser de Jean Charest mais ne veulent pas d'André Boisclair pour autant et attendent de voir ce qui arrivera avec l'ADQ, qui ne récolte que 12 % d'appuis dans le sondage CROP.

Pendant ce temps, Québec solidaire (4 % d'appuis) semble avoir identifié le Parti vert (9 %) comme son principal rival dans le contexte politique actuel.