Vente d'un centre de tri postal - Le RESO demande l'aide de Cannon

Des organismes de développement économique et communautaire du sud-ouest de Montréal pressent le gouvernement du Canada de donner un coup de pouce financier pour permettre la conversion de l'ancien centre de tri postal aux abords du canal de Lachine en complexe comprenant des logements abordables ainsi que des locaux commerciaux et culturels.

Le bâtiment du tri postal, situé sur un terrain d'un million de pieds carrés, n'est plus utilisé par Postes Canada depuis 2001. En mai dernier, la société d'État a décidé d'émettre un appel d'offres public pour vendre le terrain au plus offrant, faisant fi d'une proposition de conversion soumise par la Société immobilière du Canada (SIC), préparée en collaboration avec les organismes du quartier et axée sur le logement abordable et l'économie sociale.

La SIC s'est néanmoins fait accorder un «droit de premier refus» qui lui permet de renchérir sur l'offre du promoteur privé. Le processus arrive à terme et la SIC doit jauger cette semaine sa capacité à concurrencer la proposition du privé.

«Il y a un risque que cela fasse monter le prix au point de rendre impossible le projet souhaité par la communauté», déplore le vice-président au développement stratégique du Regroupement économique et social du Sud-Ouest (RESO), Pierre Richard.

Le ministre fédéral des Infrastructures et des Transports, Lawrence Cannon, à la fois responsable de Postes Canada et de la SIC, devrait, selon le RESO, faciliter la transaction en accordant des fonds pour la décontamination du terrain (environ dix millions de dollars) et le démantèlement du bâtiment existant. «Le gouvernement doit prendre la responsabilité de la décontamination au lieu de la refiler à un promoteur privé. Le fédéral doit exercer un leadership en tenant compte du consensus dans le Sud-Ouest», plaide M. Richard.

Le projet prévoit notamment la construction de 630 logements, dont une majorité sous forme de coopératives ou d'organismes à but lucratif, des locaux commerciaux pour des entreprises privées ou d'économie sociale, des ateliers d'artistes et même une auberge gérée par un organisme d'économie sociale.