Un sénateur juge «honteuse» la contribution militaire du Canada en Afrique

Ottawa — Si les Forces armées canadiennes sont réticentes à s'engager dans des opérations de maintien de la paix en Afrique, c'est que ses hauts gradés ne croient pas que ce soit aussi «sexy» que de combattre les terroristes aux côtés des Américains, a soutenu hier un sénateur libéral.

En tout et pour tout, en Afrique, on compte 64 officiers d'état-major, observateurs du cessez-le-feu et entraîneurs militaires canadiens dans trois opérations distinctes — une situation «honteuse», a affirmé le sénateur libéral Peter Stollery. Il a fait cette remarque à la suite d'une présentation du général Rick Hillier, chef d'état-major de la Défense, devant le comité des Affaires étrangères du Sénat, dont M. Stollery est président.

M. Stollery a aussi dit que les forces armées sont réticentes à s'impliquer davantage en Afrique, «peut-être parce que leurs copains de l'OTAN ne sont pas là». Les soldats canadiens participent présentement à des missions des Nations unies en République démocratique du Congo et au Soudan. Une mission en Sierra Leone est en voie de prendre fin, a indiqué le général Hillier.

M. Stollery, qui voyage régulièrement en Afrique, a déclaré se faire demander souvent par des diplomates et des représentants gouvernementaux africains une participation accrue des militaires canadiens aux missions de paix et de stabilisation.

Le général Hillier a dit au comité que les forces armées canadiennes ont épuisé leurs ressources disponibles pour des missions à l'étranger.

Le sénateur libéral Roméo Dallaire, qui commandait les Casques bleus de l'ONU au moment du génocide rwandais, a contesté l'affirmation du général Hillier. À son avis, le Canada pourrait envoyer au moins 600 militaires en mission au Darfour.