Harper se porte à la défense de la journaliste Christine Saint-Pierre

Le premier ministre Stephen Harper s'est porté à la défense de Christine Saint-Pierre, la journaliste de la télévision française de Radio-Canada qui est suspendue depuis deux semaines pour avoir publiquement pris la défense de la mission canadienne en Afghanistan.

«Un journaliste, mesdames et messieurs, ne devrait jamais être défendu de supporter nos troupes», a-t-il dit en français, devant une foule de plus d'un millier de personnes massée devant le Parlement pour appuyer la mission en Afghanistan. M. Harper n'a jamais nommé la journaliste, mais il a répété son message en anglais. «Aucune journaliste dans ce pays devrait avoir peur ou honte de se porter à la défense des forces canadiennes, parce que les journalistes exercent la liberté de presse, mais ils n'ont pas créé cette liberté. Cette liberté, toutes les libertés ont été créées par les hommes et les femmes de ce pays qui, à travers notre histoire, ont été prêts à mettre leur vie en jeu pour défendre ces libertés.»

Mme Saint-Pierre, qui était courriériste parlementaire à Ottawa pour la SRC, a publié le 7 septembre dernier, dans le quotidien La Presse, une lettre d'opinion où, s'adressant aux soldats, elle a écrit que «des voix s'élèvent pour réclamer votre retour au pays. Moi, je dis: de grâce, non. Cette mission entérinée, faut-il le rappeler, par les Nations Unies est essentielle et doit aller jusqu'au bout. Nous vous devons tout notre respect et un appui indéfectible.»

La publication de cette lettre a causé une commotion à Radio-Canada puisqu'elle allait à l'encontre des Normes et pratiques journalistiques, un document qui balise les règles d'éthique en vigueur à Radio-Canada. Le document précise que le personnel à l'antenne de Radio-Canada doit éviter de s'associer publiquement «à des déclarations partisanes ou à des initiatives sur des sujets controversés». Christine Saint-Pierre, qui travaille pour le service des nouvelles depuis plus de 25 ans, a été reléguée à d'autres fonctions pour une période indéterminée.