Rencontre entre Stephen Harper et George W. Bush - Le président américain se montre souple sur la carte d'identité

Le premier ministre Stephen Harper et le président George W. Bush ont discuté durant moins d’une heure avant de s’adresser à la presse.
Photo: Agence Reuters Le premier ministre Stephen Harper et le président George W. Bush ont discuté durant moins d’une heure avant de s’adresser à la presse.

Washington — Le président américain, George W. Bush, a salué hier les efforts du Canada en matière de lutte contre le terrorisme et il a assuré au premier ministre Stephen Harper qu'il était ouvert à des modifications relativement aux pièces d'identité qui seront exigées aux frontières, même si le Congrès aura le dernier mot.

«Si le Congrès fait preuve de souplesse, nous travaillerons avec le gouvernement canadien afin de prolonger la date d'échéance», a dit M. Bush après sa première réunion bilatérale avec M. Harper qui s'est tenue à l'occasion de son 60e anniversaire de naissance. «Si le Congrès dit: «non, ce n'est pas notre intention», nous travaillerons avec le gouvernement canadien pour faire en sorte que la loi fonctionne bien.»

M. Harper a affirmé que le Canada était contrarié par le manque de collaboration des Américains concernant le type de technologie qui sera utilisé afin d'introduire le 1er janvier 2008 une nouvelle carte d'identification, qui sera une alternative au passeport. «Nous avons besoin de plus d'informations. Et nous exerçons des pressions en ce sens depuis un certain temps», a dit M. Harper, alors qu'il était accompagné du président Bush dans l'opulente East Room de la Maison-Blanche.

Stephen Harper a indiqué que les futures procédures de contrôle aux frontières ne devaient pas freiner le commerce entre les deux pays. «Je n'aimerais pas que la loi limite non seulement le commerce et le tourisme, mais qu'elle menace aussi les milliers d'interactions sociales ayant lieu à notre frontière tous les jours.»

Selon M. Harper, ces interactions expliquent que le Canada et les États-Unis entretiennent la plus étroite relation «dans l'histoire du monde». «Je veux juste rappeler au Congrès que si la recherche de la sécurité signifie que les États-Unis se ferment de plus en plus à leurs amis, les terroristes auront gagné. Et je crois qu'aucun pays ne souhaite cette situation.»

Le président Bush a témoigné son amitié à M. Harper en l'appelant «Steve» et il a dit qu'il était «un peu impatient» face à la loi adoptée par le Congrès en 2004 permettant de surveiller les passagers entrant au pays.

De son côté. M. Harper a offert différents cadeaux à M. Bush, notamment un stetson de la Gendarmerie royale du Canada et une boucle de ceinture du Calgary Stampede.

Réunis pendant moins d'une heure dans le Bureau ovale, les deux chefs de gouvernement ont notamment discuté de lutte contre le terrorisme, de circulation des personnes aux frontières, du programme nucléaire iranien, de la crise au Darfour, de la situation en Afghanistan et du règlement du conflit commercial dans le secteur du bois d'uvre.

Lors d'un point de presse conjoint, M. Bush a félicité le Canada pour ses efforts dans la lutte contre le terrorisme et pour son implication en Afghanistan, où plus de 2200 soldats canadiens sont basés. Concernant la lutte contre le terrorisme, le premier ministre a noté que le Canada partage les mêmes préoccupations que les États-Unis, rappelant le démantèlement récent d'un complot terroriste à Toronto, une opération saluée plus tôt par le président Bush.

La crise des missiles nord-coréens ne remet pas en cause le refus du Canada de participer au projet de bouclier anti-missiles américain, a aussi indiqué M. Harper. Interrogé par les journalistes sur la possibilité que la menace que laisse planer la Corée du Nord relance le projet du bouclier anti-missiles, M. Harper a dit comprendre que certains le souhaitent, mais que ce n'est pas le cas du Canada pour le moment.