Harper n'arrive pas à Washington les mains vides

Stephen Harper retrouvera George W. Bush aujourd’hui à Washington.
Photo: Agence Reuters Stephen Harper retrouvera George W. Bush aujourd’hui à Washington.

Ottawa — La rencontre entre le premier ministre Stephen Harper et le président George W. Bush, aujourd'hui à Washington, aura lieu au centre d'un véritable tourbillon médiatique qui devrait laisser peu de place à la visite de M. Harper dans les journaux américains. L'escalade diplomatique avec la Corée du Nord fait couler beaucoup d'encre au sud de la frontière alors que les journalistes souhaitant rédiger un texte plus léger sur le président ne manqueront pas d'aborder son 60e anniversaire, aujourd'hui même.

L'entourage de Stephen Harper a d'ailleurs prévu le coup. Vers 10h40, lorsque les deux hommes entameront leur réunion d'une quarantaine de minutes, le premier ministre remettra un cadeau à son homologue. Quoi, exactement? «Je ne peux pas en parler, c'est une surprise», a lancé le porte-parole de M. Harper, Dimitri Soudas.

C'est qui est certain, c'est que la rencontre sera amicale, cadeau ou pas. Hier soir, le premier ministre a séjourné à Blair House, la résidence réservée aux invités d'honneur de la Maison-Blanche. Le dernier premier ministre canadien à avoir eu ce privilège est Jean Chrétien, sous le règne de son ami Bill Clinton.

De plus, Stephen Harper arrive à Washington avec plusieurs bonnes nouvelles en poche. Il a d'abord conclu une entente finale à propos du litige sur le bois d'oeuvre, et même si cet accord est très contesté au pays, cela permettra aux deux hommes de parler d'autres choses, comme M. Harper l'a récemment reconnu. «La grosse différence, c'est que ce sujet n'est plus sur la table. Nous pourrons donc aborder d'autres aspects de nos relations puisque, depuis plusieurs années, tout tournait autour du bois d'oeuvre», a-t-il dit le 14 juin dernier à l'hebdomadaire The Hill Times. Malgré la mauvaise réception de l'entente finale sur le bois d'oeuvre ici au pays, une source gouvernementale a soutenu au Devoir que ce dossier ne devrait pas être abordé avec le président Bush.

Les deux hommes ne devraient pas parler non plus du bouclier antimissile, malgré les craintes que soulèvent les essais de la Corée du Nord. «Cela ne figure pas à notre ordre du jour, et l'ambassadeur américain au Canada, David Wilkins, a dit il y a quelques semaines que ce sujet n'était plus sur l'écran radar des relations bilatérales», a soutenu une source gouvernementale canadienne.

Autre bonne nouvelle pour M. Bush: les investissements militaires canadiens de 17 milliards de dollars annoncés la semaine dernière. Cet engagement, tout comme celui du Canada de rester en Afghanistan jusqu'en 2009, sera bien accueilli. Washington est aussi heureux de constater qu'Ottawa est maintenant un allié dans le domaine environnemental, notamment sur le plan des changements climatiques, puisque le protocole de Kyoto n'a jamais eu la faveur de M. Bush.

En outre, les deux hommes aborderont des dossiers qui touchent le prochain sommet du G8, qui aura lieu en Russie à la fin de la semaine prochaine. La sécurité à la frontière, notamment le projet américain d'exiger un passeport ou une carte d'identité spéciale, sera aussi à l'ordre du jour puisque le Canada voudrait repousser l'échéance de 2008. Et dans une perspective plus large, l'économie entre les deux pays sera abordée, tout comme la récente élection présidentielle au Mexique.