Les premiers ministres espèrent que l'accord de Kelowna survivra

Gimli — Réunis pour leur rencontre annuelle, hier, les premiers ministres de l'Ouest et les dirigeants des Territoires ont pressé le gouvernement fédéral de ne pas reculer sur l'entente de 5,1 milliards destinée à améliorer la vie des autochtones.

Ce qu'on appelle l'accord de Kelowna a été signé en novembre dernier par l'ex-premier ministre Paul Martin, les premiers ministres des provinces, les leaders des territoires et les organisations autochtones.

Mais le nouveau gouvernement conservateur de Stephen Harper n'a pas montré beaucoup d'enthousiasme à son sujet. Et le fait qu'il n'ait pas été mentionné dans le budget fédéral en amène certains à craindre qu'il ne soit condamné.

Les premier ministres des provinces de l'Ouest se sont entretenus avec des leaders autochtones dès le début de leur rencontre pour discuter de la question.

D'emblée, le premier ministre manitobain Gary Doer a soutenu qu'il serait «moralement répréhensible» de reculer sur cet engagement. À son avis, l'accord de Kelowna ne pouvait pas résoudre les problèmes accumulés au fil de 120 ans d'histoire, «mais au moins, c'est un début».

Son homologue de Colombie-Britannique, Gordon Campbell, espère que le gouvernement fédéral n'a pas abandonné l'accord et il a suggéré que les provinces aillent de l'avant avec certaines parties de cette entente. «Mon espoir est que tous les gouvernements provinciaux présenteront leurs plans pour les Premières Nations, les Inuits et les Métis pour combler l'écart entre autochtones et non autochtones et convaincre le gouvernement fédéral de fournir le genre de ressources qui sont nécessaires à long terme.»

Selon M. Doer, si des groupes comme celui des premiers ministres de l'Ouest apportent leur soutien à l'accord, alors le gouvernement fédéral ne sera peut-être pas tenté d'aller en sens contraire.

L'accord de Kelowna a été conclu au terme de 18 mois de pourparlers. Il incluait un plan en 19 pages fixant des objectifs à atteindre et des obligations de reddition de comptes sur 10 ans. Il prévoyait 624 millions pour les Amérindiens juste pour la première année, plus des millions de dollars supplémentaires pour les Inuits et les Métis.

Le budget fédéral comportait des engagements de financement ferme pour des dossiers intéressant les autochtones — 150 millions sont promis cette année et 300 millions l'an prochain.