Harper se passera des journalistes de la colline parlementaire

Ottawa — Le premier ministre Stephen Harper a affirmé que la presse parlementaire manque d'objectivité envers lui et qu'il évitera ses représentants à l'avenir.

De passage à London, en Ontario, M. Harper a déclaré hier à une chaîne de télévision locale que la tribune de la presse, au Parlement, semble avoir décidé de jouer le rôle de l'opposition à son gouvernement conservateur.

Il a affirmé que les médias lui causent en ce moment des problèmes auxquels un premier ministre libéral ne devrait jamais faire face.

M. Harper a indiqué qu'il réservera ses annonces lors de ses déplacements, lorsqu'il rencontrera une presse locale faisant montre de moins d'hostilité à son endroit.

«Malheureusement, la tribune de la presse a décidé de jouer le rôle de l'opposition au gouvernement», a dit M. Harper sur les ondes de la station A-Channel de London, où il a prononcé une allocution devant la chambre de commerce locale. «Ils ne posent plus de questions lors de mes conférences de presse. Nous allons tout simplement réserver nos annonces pour nos déplacements. Il y a de nombreux représentants des médias qui souhaitent poser des questions et qui veulent savoir ce que fait le gouvernement.»

Mardi, une vingtaine de journalistes ont quitté une conférence de presse de M. Harper parce qu'il refusait de répondre à leurs questions.

Le premier ministre ne veut pas donner de conférence de presse à moins que son personnel puisse choisir les journalistes qui poseront des questions.

À Ottawa, la tribune de la presse a refusé de se plier à ces règles.

M. Harper s'était déjà plaint publiquement du manque d'objectivité des médias envers les conservateurs, mais il n'avait pas évoqué le sujet depuis son accession au pouvoir.

«J'ai de la difficulté à concevoir qu'un premier ministre libéral se retrouverait aux prises avec le même problème, a-t-il dit hier. Mais les dirigeants de la tribune de la presse ont adopté un point de vue anticonservateur.»

Paradoxalement, les libéraux ont récemment exprimé l'opinion contraire. Aux derniers jours de la campagne électorale de l'hiver dernier, le personnel politique de Paul Martin était en effet d'avis que les journalistes travaillaient contre eux et s'affairaient à favoriser l'élection de M. Harper.

Lundi, M. Harper s'est rendu à London afin de prononcer un discours devant des gens d'affaires à qui il a vanté les réalisations de son gouvernement au cours de ses 100 premiers jours au pouvoir.

Après son allocution, il a affirmé que la mort de nombreux civils lors d'une attaque aérienne des forces de la coalition en Afghanistan était «un accident malheureux». Il a cependant insisté sur le fait que les soldats canadiens continuent d'accomplir des progrès dans ce pays en proie aux violences.

«Le contexte est difficile, a dit M. Harper à London. Les talibans se mêlent aux civils, ce qui constitue un véritable problème. L'Afghanistan continue d'être un endroit dangereux. Mais nous progressons, même s'il y aura encore d'autres affrontements avec les forces ennemies.»

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