La suspension de Hargrove déplaît à Layton

Ottawa — Le chef du NPD fédéral, Jack Layton, n'est pas d'accord avec l'expulsion de son parti du bouillant président syndical Buzz Hargrove, mais il ne peut rien faire pour renverser la décision des membres néo-démocrates. «Je n'aurais pas choisi cette voie, a-t-il affirmé hier à la sortie de son caucus à Ottawa. Mon opinion est que nous avons un parti et un caucus en construction qui a reçu 2,5 millions de votes aux dernières élections.» En français, il a ajouté qu'il aurait aimé un chemin «plus constructif» qui va dans le sens d'inclure des membres et non pas d'en exclure.

Dimanche, les membres du NPD de l'Ontario ont décidé de suspendre le président des TCA, Buzz Hargrove, à la suite de l'appui que ce dernier a accordé aux libéraux de Paul Martin durant la dernière campagne électorale. Or, au NPD, une suspension qui prive un membre de sa carte du parti dans une province a un effet automatique au niveau fédéral, qui doit emboîter le pas. Le chef, Jack Layton, doit donc accepter le verdict. «Ce n'est pas une expulsion à vie, mais une suspension temporaire pour pouvoir discuter avec M. Hargrove. C'est ce qu'on m'a dit», a d'ailleurs soutenu M. Layton.

Le chef néo-démocrate aurait toutefois préféré entamer les discussions avec M. Hargrove avant de le suspendre. Il a d'ailleurs parlé au téléphone avec le président syndical, refusant par contre de définir l'entretien comme une véritable conversation. Jack Layton, visiblement mal à l'aise, a soutenu qu'il respectait le choix des membres. «On est un parti démocratique. Il y a toutes sortes de points de vue», a-t-il lâché, avant de tourner les talons et de quitter la pièce. Le leader néo-démocrate a refusé de dire qu'elle sorte de conversation il aurait voulu avoir avec Buzz Hargrove pour remplacer la suspension dont il est victime.

Tout de suite après sa mise à l'index, le principal intéressé s'était dit «secoué et étonné» de l'attitude de ses comparses néo-démocrates, lui qui est membre du NPD depuis 41 ans. «On ne m'a jamais prévenu de ce qui s'en venait, pas plus que cela n'a fait l'objet de discussions», avait soutenu M. Hargrove.