En visite à Montréal - Les Canadiens doivent combattre la discrimination, dit Michaëlle Jean

La gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, a été émue aux larmes hier par l’interprétation d’une chorale gospel, au cours d’une cérémonie religieuse marquant le Mois de l’histoire des Noirs à l’Église unie St-James, à Montr
Photo: Annik MH de Carufel La gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, a été émue aux larmes hier par l’interprétation d’une chorale gospel, au cours d’une cérémonie religieuse marquant le Mois de l’histoire des Noirs à l’Église unie St-James, à Montr

Dans un vibrant plaidoyer, la gouverneure générale, Michaëlle Jean, a appelé hier les Canadiens à demeurer vigilants pour contrer la discrimination.

Mme Jean, qui a assisté à une cérémonie religieuse marquant le Mois de l'histoire des Noirs à l'Église unie St-James, à Montréal, a été émue par l'interprétation d'une chorale gospel.

L'héritage de l'esclavage hante toujours la mémoire collective du monde, a-t-elle affirmé. «Nous ne pouvons oublier les chemins tracés par ceux qui sont passés avant nous et qui, par leurs mots, leurs actions, leurs souffrances et leurs victoires — nous ont permis, à nous et à d'innombrables autres, d'aspirer à la liberté et d'imaginer un monde plus juste», a-t-elle déclaré, la voix tremblante, en essuyant des larmes.

Au cours de sa brève allocution, elle a évoqué les noms des militantes américaines pour les droits de la personne récemment décédées — celui de Rosa Parks, dont le refus de s'asseoir à l'arrière d'un autobus, en 1955, a donné une nouvelle impulsion au mouvement pour la reconnaissance des droits des Noirs, et celui de Coretta Scott King, l'épouse de Martin Luther King, qui a poursuivi sa lutte contre la ségrégation après l'assassinat du pasteur en 1968.

Le combat contre l'oppression est le combat non d'une seule race mais de tous les hommes et femmes qui exigent respect et dignité, a-t-elle ajouté devant une foule représentative de la diversité ethnique.

La gouverneure générale, qui a souvent rappelé comment sa famille avait entamé une nouvelle vie au Canada après que ses parents eurent fui la dictature à Haïti, en 1967, a déploré les statistiques montrant que plusieurs jeunes de race noire, à défaut d'autres références, s'identifient à la représentation culturelle de la pauvreté, de la violence, de l'isolement, et ne voient pas d'autre issue pour eux.

«Cette discrimination, qui plonge ses racines insidieuses dans le terreau de l'ignorance et de l'incompréhension, n'a aucunement sa place dans une société où prévalent par-dessus tout les valeurs de respect, d'ouverture et de partage qui sont pour moi souveraines.»

Elle a appelé les Canadiens à se joindre à elle pour créer un plus large dialogue entre les cultures et les générations.

Commentaires prudents

Mme Jean doit rencontrer des politiciens et des groupes communautaires montréalais dans le cadre de sa première visite officielle au Québec depuis son entrée en fonction, à la fin de l'année dernière.

Elle s'est permis un commentaire prudent sur la situation politique au cours d'un entretien avec l'équipe éditoriale du quotidien Le Soleil, à Québec, vendredi, affirmant que la défection du ministre du Commerce international David Emerson — des libéraux aux conservateurs — était un «cas de conscience».

Elle a aussi décrit le premier ministre Stephen Harper comme «très méthodique», quelqu'un qui «prend le rôle de chef d'État très au sérieux».