Révolte des électeurs - David Emerson entend rester en poste

Des centaines de personnes outrées par le passage de l'ex-libéral David Emerson parmi les rangs des conservateurs ont manifesté à Vancouver, samedi, traitant le nouveau ministre de «traître».

Dans l'auditorium bondé d'une école secondaire de la circonscription de Vancouver-Kingsway, les manifestants ont laissé libre cours à leur colère, affirmant que leurs votes, lors du scrutin fédéral du 23 janvier, avaient perdu de leur sens à la suite de la défection de M. Emerson, qui a changé de camp afin d'accepter un poste de ministre au sein du cabinet du premier ministre Stephen Harper, deux semaines plus tard.

Kerry Galloway, qui a reconnu ne pas voter régulièrement, a expliqué qu'après mûre réflexion et beaucoup de recherche, il avait décidé de donner sa voix au Parti libéral du Canada (PLC).

«Puis, quelques semaines plus tard, j'ai découvert que mon vote avait été changé, que j'avais été privé du droit électoral, que mon vote avait été transformé en vote pour une série de politiques diamétralement opposées à celles pour laquelle j'avais inscrit un X», a-t-il lancé sous les applaudissements des protestataires. Une autre manifestante, Alice Edge, a quant à elle réclamé la tenue d'une élection complémentaire.

Malgré les pressions de plus en plus fortes pour qu'il démissionne, le ministre David Emerson n'a pas l'intention de quitter son poste. Lors d'un entretien accordé vendredi au réseau CBC, le ministre a en effet déclaré: «Non, je ne vais pas démissionner.» Il répète aussi que les règles parlementaires permettent aux députés de changer de parti, rappelant que plusieurs l'ont fait dans le passé.

Le NPD, qui entend déposer un projet de loi privé pour forcer les transfuges à démissionner de leur poste de député, exige la tenue d'une enquête du commissaire à l'éthique. Même au caucus conservateur, on critique la décision du chef et premier ministre Stephen Harper.

Avec la Presse canadienne