Fred Turner appréhende des représailles

Ottawa — Le député conservateur Garth Turner dit s'attendre à ce qu'on lui donne un bureau dans «une salle de toilettes rénovée quelque part dans un coin oublié d'un sous-sol humide infesté par la vermine» pour avoir affirmé qu'un ancien libéral devrait démissionner de son poste et tenter d'être réélu avant de chercher à obtenir un poste au sein du cabinet conservateur.

Sur son blogue, M. Turner a écrit avoir eu une série d'«entretiens malheureux» avec des responsables du caucus conservateur, jeudi, au sujet de ses propos, dont un avec le premier ministre Stephen Harper.

«Je crois qu'on peut maintenant avancer sans risque de se tromper que mes options de carrière au sein du caucus conservateur sont sérieusement limitées», a écrit M. Turner, ancien chroniqueur, député du Parti conservateur du Canada (PCC) dans la circonscription de Halton, en Ontario.

«Si vous souhaitez suivre un cours sur la façon de ne pas être populaire à Ottawa, prenez place», a-t-il ajouté.

Plus tôt cette semaine, M. Turner a affirmé que l'ancien ministre de cabinet libéral David Emerson, député de la région de Vancouver qui a changé de camp lundi afin d'accepter le poste de ministre du Commerce international au sein du gouvernement de M. Harper, devrait remettre sa démission.

Hier, le député néo-démocrate Peter Julian a demandé au commissaire à l'éthique fédéral de faire enquête sur les circonstances ayant entouré la décision prise par M. Emerson de se joindre au gouvernement. M. Emerson a précédemment expliqué avoir été approché par les conservateurs et s'être vu offrir une place au sein du cabinet.

M. Julian a indiqué que cette nomination pourrait aller à l'encontre du code de conduite parlementaire en ce qui concerne les conflits d'intérêts, qui interdit aux députés d'agir en fonction de leur intérêt personnel ou de celui d'autres députés.

Le député conservateur a estimé que tous les membres du gouvernement — et pas seulement les ministres de cabinet — devraient être élus en tant que membres du parti constituant le gouvernement.