Nouvelles allégations au sujet de commissions secrètes - Les conservateurs refusent de jeter la pierre à Mulroney

Ottawa — Des députés et ministres conservateurs, dont certains ont servi sous Brian Mulroney, ont refusé hier de blâmer l'ancien premier ministre sur la seule foi d'un reportage.

En entrevue au réseau de télévision CBC, l'homme d'affaires germano-canadien Karlheinz Schreiber affirme avoir versé en argent liquide 300 000 $ provenant de commissions secrètes à Brian Mulroney, peu après qu'il se fut retiré de la vie politique, en 1993.

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Blackburn, qui a été député sous Brian Mulroney de 1984 à 1993, considère M. Mulroney comme un homme extraordinaire et estime qu'il est prématuré de porter un jugement, d'autant plus qu'il n'y a aucune preuve contre l'ancien premier ministre dans ce reportage.

Le ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay, dit également avoir énormément de respect pour l'ancien premier ministre Mulroney.

Sur la base des documents qu'elle a obtenus, la CBC établit que les 300 000 $ provenaient d'un compte en Suisse appartenant à M. Schreiber. Ce dernier soutient que le compte était alimenté par des contributions de sociétés aéronautiques et militaires. Cependant, aucune preuve n'a été révélée que M. Mulroney connaissait l'origine de ces fonds.

En entrevue, l'homme d'affaires affirme avoir fait trois versements de 100 000 $ à l'ancien premier ministre par l'entremise d'un proche de ce dernier, Fred Doucet. Les montants auraient été remis dans des hôtels près de l'aéroport Mirabel, à Montréal et à New York.

Lors des premières révélations au sujet des

300 000 $, il y a quelques années, M. Mulroney avait laissé entendre qu'il pouvait s'agir d'argent versé en échange de travail pour une firme d'import-export, une affirmation dont semble aujourd'hui se moquer Karlheinz Schreiber.

La GRC avait soupçonné les deux hommes d'avoir reçu des commissions reliées à l'achat d'avions Airbus d'une valeur de deux milliards de dollars. L'enquête a été abandonnée en avril 2003; six ans plus tôt, le gouvernement Chrétien présentait ses excuses à M. Mulroney et lui versait une indemnisation de deux millions. Le gouvernement a alors reconnu qu'il n'avait pas de preuves suffisantes pour formuler de telles allégations.

Brian Mulroney a refusé de s'expliquer à la CBC devant les nouvelles affirmations de Karlheinz Schreiber.