Graham dénonce les nominations de Fortier et Emerson

La gouverneure générale Michaëlle Jean et le premier ministre Stephen Harper ont échangé quelques mots durant la cérémonie.
Photo: Agence Reuters La gouverneure générale Michaëlle Jean et le premier ministre Stephen Harper ont échangé quelques mots durant la cérémonie.

Ottawa — Le chef de l'opposition officielle, Bill Graham, s'est empressé hier de critiquer le premier cabinet de Stephen Harper, s'en prenant plus particulièrement au ministre non élu des Travaux publics, Michael Fortier, et au transfuge David Emerson.

«Compte tenu des déclarations antérieures de M. Harper [sur la démocratie], je trouve préoccupant le fait que celui-ci ait décidé de nommer un ministre des Travaux publics qui ne sera pas dans la Chambre des communes», a déclaré le chef libéral intérimaire lors d'une conférence de presse.

M. Graham a souligné que le ministère des Travaux publics est responsable de conclure les principaux contrats du gouvernement — des dépenses de plusieurs milliards de dollars financées à même les fonds provenant des contribuables.

Ce poste-clé a donc «besoin d'une personne qui est responsable devant les députés dans la Chambre des communes», a précisé le chef de l'opposition.

Bill Graham a par ailleurs qualifié de «troublante» la décision de Stephen Harper de nommer le transfuge libéral David Emerson au poste de ministre du Commerce international.

«[C'est] une personne qui s'est présentée et qui a été élue, il y a quelques jours, sous la bannière libérale et qui s'est prononcé contre la décision [de l'ex-premier ministre Paul Martin] d'accueillir au sein du parti libéral d'anciens progressistes-conservateurs si ceux-ci étaient en désaccord avec le conservatisme social de leur [ancien] parti», a déploré M. Graham.

Ce dernier a assuré que la défection de M. Emerson avait peu en commun avec celle de l'ex-conservatrice Belinda Stronach pour les libéraux, au printemps dernier. Mme Stronach, a soutenu Bill Graham, a quitté les conservateurs parce qu'elle était en désaccord avec les positions sociales de M. Harper, ce qui n'est pas le cas de David Emerson, selon lui.

Le chef libéral s'est aussi dit «inquiet du choix de certains ministres importants», sans toutefois vouloir les nommer. Il a néanmoins fait allusion au nouveau ministre de la Justice, Vic Toews, qui a déjà critiqué le rôle des tribunaux.

«La population canadienne veut un gouvernement qui comprend et qui respecte notre Constitution, qui réussit à concilier droits individuels et sécurité publique, qui comprend les rôles respectifs du Parlement et des tribunaux dans le Canada d'aujourd'hui», a affirmé M. Graham.

Les libéraux promettent une opposition qui aura à coeur le bon fonctionnement du gouvernement conservateur minoritaire, mais pas à n'importe quel prix.

«Lorsque nous serons en désaccord avec l'orientation du gouvernement, nous n'appuierons pas ses initiatives», a précisé le chef de l'opposition.

Bloc et NPD

De son côté, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, a sommé David Emerson de démissionner et de se faire réélire comme conservateur.

«Nous croyons que les tous les députés qui passent à un autre côté de la Chambre devraient revenir dans leur circonscription et se présenter à une élection partielle», a martelé M. Layton.

Enfin, le Bloc québécois s'est attaqué à la nouvelle ministre de l'Environnement, Mme Ambrose.

Cette dernière «a participé à l'élaboration de la position de l'Alberta sur le protocole de Kyoto», qui prévoit la réduction des émissions de gaz à effet de serre, a fait remarquer le leader parlementaire du Bloc, Michel Gauthier.

«Doit-on voir dans cette nomination l'abandon des principes de Kyoto?» a-t-il demandé.