Visite à l'hôpital - La santé de Harper provoque un débat sur la vie privée

Stephen Harper, la semaine dernière: des problèmes d’asthme
Photo: Agence Reuters Stephen Harper, la semaine dernière: des problèmes d’asthme

Ottawa — Les Canadiens estiment habituellement que la santé de leurs dirigeants est de l'ordre du domaine privé, mais à la suite de la mystérieuse visite tardive de Stephen Harper à l'hôpital, ces derniers jours, certains croient que l'intérêt public doit outrepasser la question de la confidentialité.

Les Américains savent que le poids de George W. Bush est de 87 kilogrammes, soit près de trois de plus que l'an dernier. Ils le savent parce que cette information a été rendue publique à la suite de l'examen médical annuel de leur président, en juillet.

Les dirigeants canadiens ont depuis toujours gardé pour eux leur état de santé.

«La vie privée de nos leaders politiques est davantage protégée que celle des dirigeants américains», a affirmé William Stairs, responsable des communications de M. Harper, premier ministre désigné et chef du Parti conservateur du Canada (PCC).

«Les Américains font les choses autrement. Ils ont une culture politique dans le cadre de laquelle le président représente une figure importante. Nous avons un système de cabinet au sein duquel le premier ministre est le premier parmi ses collègues», a-t-il ajouté.

M. Stairs a estimé justifié que peu d'informations aient été dévoilées au moment de la récente visite de M. Harper à l'hôpital. Cette visite a été éventée uniquement parce qu'un journaliste du quotidien Ottawa Citizen a aperçu le dirigeant conservateur aux urgences.

Le porte-parole du premier ministre désigné a affirmé que ce dernier craignait d'avoir la grippe et avait préféré se rendre à l'hôpital par mesure de précaution. M. Harper a déjà connu des problèmes d'asthme, et la grippe peut provoquer une crise d'asthme.

Aucun communiqué de presse n'a été diffusé lorsque M. Harper s'est rendu à l'hôpital. Certains estiment que les Canadiens auraient dû être mis au courant.

Duff Connacher, de l'organisme Démocratie en surveillance, a fait remarquer qu'un politicien, même le premier ministre, était un employé de la population.

«Le public a le droit d'être informé de tout facteur de santé susceptible d'affecter la capacité d'un leader à exercer ses responsabilités», a-t-il affirmé.